NOUVELLES

Venezuela : Nicolas Maduro remporte de justesse l'élection présidentielle

15/04/2013 12:22 EDT | Actualisé 15/06/2013 05:12 EDT

Le chef de l'Etat par intérim Nicolas Maduro, dauphin d'Hugo Chavez, a été déclaré dimanche vainqueur de l'élection pour succéder à Hugo Chavez, avec 50,66 % des voix, a annoncé le Conseil national électoral (CNE). Les résultats ont été dévoilés cinq heures après la fermeture des bureaux de scrutin.

La commission, proclamant un résultat « irréversible », appelle les Vénézuéliens à respecter le verdict des urnes et à ne pas descendre dans les rues pour manifester.

Nicolas Maduro, 50 ans, dauphin désigné par l'ancien dirigeant charismatique avant sa mort, a remporté le scrutin face au candidat de l'opposition Henrique Capriles, 40 ans, qui a obtenu 49,07 % des suffrages, a déclaré la présidente du CNE, Tibisay Lucena.

« Aujourd'hui, nous pouvons dire que nous avons eu une victoire électorale juste », a lancé M. Maduro, héritier du défunt dirigeant charismatique, devant une foule de partisans réunis au palais présidentiel à Caracas.

Seuls 315 000 votes séparent les deux candidats. La participation à ce scrutin présidentiel s'est élevée à 78,71 %.

Le candidat de l'opposition, Henrique Capriles, ne reconnaît pas la victoire de Nicolas Maduro, fait état d'une série d'irrégularités pendant le scrutin, et demande que tous les bulletins de vote soient recomptés.

Ce verdict est venu conclure une longue journée électorale, marquée par beaucoup de tension, des allégations de pratique irrégulière et une guerre de mots sur Twitter, et pendant laquelle les deux clans semblaient croire qu'ils avaient triomphé.

Peu de temps avant l'annonce des responsables électoraux, un haut responsable de la campagne de M. Capriles avait confié, sous le couvert de l'anonymat, que le candidat de l'opposition avait entamé des discussions avec l'état-major des forces militaires du pays.

Le responsable disait ne pas connaître la nature des discussions, mais en privé, le clan Capriles avait laissé sous-entendre qu'il était en position pour gagner l'élection.

Auparavant, dimanche soir, les tensions s'étaient amplifiées alors que les responsables de campagne de M. Maduro laissaient sous-entendre à leur tour que leur candidat avait été élu. De leur côté, les partisans du parti de l'opposition croyaient que le scrutin avait été marqué par des pratiques irrégulières.

Bill Richardson, un ancien gouverneur du Nouveau-Mexique et un ambassadeur de longue date, a obtenu l'assurance de la part des deux candidats qu'ils respecteraient l'issue du scrutin, selon ce qu'il a confié à l'Associated Press.

Le nouveau président hérite d'une société minée par de nombreux problèmes sociaux et économiques que le candidat de l'opposition, Henrique Capriles, s'est efforcé de mettre en lumière lors de sa campagne électorale.

Au départ, Nicolas Maduro était donné grand favori de cette course à la présidence. Mais au cours de la dernière semaine, l'écart entre le dauphin politique de Hugo Chavez et son adversaire s'est rétréci.

Lors de son dernier discours de campagne, jeudi, M. Maduro a laissé entendre que la tâche qui l'attendait était titanesque, plaidant qu'il était difficile d'être à la fois président et « chef d'une révolution ».

Selon Siobhan Morden, analyste des enjeux latino-américains à la firme Jefferies LLC, le Venezuela risque d'être confronté à une stagnation sur le plan économique, et les options de Nicolas Maduro sont limitées, à moins qu'il n'opère un changement de cap sur le plan idéologique.

Réactions internationales

La présidente argentine Cristina Kirchner et son homologue équatorien, Rafael Correa, ont félicité dimanche soir la victoire annoncée de Nicolas Maduro, dauphin de leur ancien allié régional Hugo Chavez, à l'élection présidentielle au Venezuela.

« Félicitations au nouveau président, Nicolas Maduro. Mémoire et gratitude à jamais à l'ami et au compagnon Hugo Chavez », a écrit sur son compte Twitter la présidente argentine.

« Depuis au-dessus de l'Amazonie, félicitations à Nicolas Maduro, au peuple vénézuélien et à la révolution bolivarienne. Vive la grande patrie ! », a tweeté de son côté M. Correa, qui était dans un avion pour l'Europe.

PLUS:rc