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Les Vénézuéliens aux urnes pour choisir le successeur de Chavez

14/04/2013 10:11 EDT | Actualisé 14/06/2013 05:12 EDT

Près de 19 millions d'électeurs vénézuéliens sont invités dimanche à choisir le successeur du défunt président Hugo Chavez. Le résultat du scrutin devrait être connu vers 21 h.

Après une courte campagne de dix jours, les Vénézuéliens devront choisir entre Nicolas Maduro, fidèle bras droit d'Hugo Chavez, et Henrique Capriles, chef de l'opposition.

Les Vénézuéliens s'étaient rendus aux urnes en octobre dernier pour réélire le dirigeant charismatique Hugo Chavez, mais ce dernier est mort d'un cancer le 5 mars après 14 ans au pouvoir. C'est Nicolas Maduro, que les sondages donnent gagnant par 10 à 20 points, qui assume la présidence par intérim.

Avant d'être nommé par Chavez comme son dauphin, Nicolas Maduro a été chef de la diplomatie pendant six ans. Naviguant sur la vague de nostalgie à l'égard du défunt président, cet ancien chauffeur d'autobus et dirigeant syndical a invité les électeurs à « maintenir l'héritage du Comandante face aux bourgeois » et aux « fascistes » et d'ainsi préserver les programmes sociaux.

Son adversaire, Henrique Capriles, est avocat et favorable à l'économie de marché. Il propose de cesser d'offrir des « cadeaux » aux alliés du régime, dont Cuba, qui reçoivent plus de 100 000 barils de pétrole brut du Vénézuéla chaque jour. Il promet en outre de rebâtir les liens avec Washington et de redynamiser l'économie.

Capriles a aussi abordé les problèmes qui minent le quotidien des citoyens, soit les pénuries alimentaires et les coupures de courant, sans oublier l'insécurité. Pour une population de 29 millions d'habitants, 16 000 homicides ont été commis au pays l'an dernier.

Alors que le Venezuela possède les plus grandes réserves de pétrole brut au monde, le pays est aux prises avec une inflation de 20 %, la plus forte d'Amérique latine, ainsi qu'une dette équivalant à la moitié de son PIB. En revanche, la proportion de pauvres a reculé de 50 % à 29 % au cours de la présidence d'Hugo Chavez, selon la commission économique des Nations unies.

Lors de la présidentielle d'octobre, Henrique Capriles avait eu l'occasion de se mesurer à l'ancien président Chavez, qui l'a emporté par 11 points. En obtenant un score de 44 %, Capriles a ainsi atteint la meilleure marque réalisée face au héros populaire de la « révolution bolivarienne ».

Une nation divisée

À peine le soleil levé, les files d'attente ont commencé à s'allonger devant certains bureaux de vote de Caracas.

Les partisans de Maduro de Caracas n'ont pas tardé à conduire des camions qui émettaient des slogans à saveur chaviste et la voix du défunt président qui entonne l'hymne national. Sûrs de leur victoire, ils n'ont toutefois pas hésité à utiliser les tactiques traditionnelles visant à « faire sortir le vote ».

Malgré l'ambiance festive, près de 150 000 membres des forces de l'ordre ont été affectés à la sécurité en ce jour de scrutin et les frontières du pays ont été fermées. Les autorités ont par ailleurs dénoncé des « plans de déstabilisation » mijotés depuis l'étranger.

Au moment où s'amorce l'après Chavez, le pays est divisé entre ceux qui vénèrent l'héritage de la révolution, qui a su améliorer le sort des moins nantis, et ceux qui considèrent que les années de chavisme ont ruiné leur pays et leur démocratie.

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