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Vincent Cassel, James McAvoy et Rosario Dawson dans «Trance», un thriller déjanté signé Danny Boyle (VIDÉO/PHOTOS)

12/04/2013 10:25 EDT | Actualisé 12/06/2013 05:12 EDT

Après l’émouvant Slumdog Millionaire, Oscar du meilleur film en 2009, et le haletant 127 heures, Danny Boyle nous revient avec Trance, un polar psychotique qui met en scène un commissaire-priseur amnésique, une bande de criminels aux gros bras menés par un caïd français à la gâchette facile et une séduisante hypnotiseuse bien mystérieuse. Tous veulent retrouver le tableau de Goya, un chef-d’œuvre qui dépasse à lui seul les 30 millions $.

Le film débute dans les locaux ultra-sécurisés d’une vente publique à Londres. Plusieurs objets d’art défilent sous les yeux des acheteurs, dont le fameux tableau de Goya. Il n’en fallait pas plus pour que des voleurs professionnels attirés par l’appât du gain élaborent un plan minutieux afin de s’emparer du butin.

Mais sur leur chemin, ils trouvent Simon (James McAvoy), le commissaire-priseur qui tente l’impensable: empêcher les malfrats de s’emparer du tableau. Eh oui, une audace qu’il payera cher puisqu’il perd connaissance après avoir reçu un méchant coup sur la tête. Arrivé à l’hôpital, on doit l’opérer d’urgence au cerveau.

Entretemps, les bandits reviennent bredouilles sans savoir où se trouve ledit tableau. Dès lors, ils soupçonnent Simon de l’avoir dissimulé quelque part. Manque de chance, celui-ci souffre maintenant d’une profonde amnésie depuis sa violente agression. Que faire ? Frank (Vincent Cassel), le chef de la bande oblige alors Simon à aller consulter une psychothérapeute prénommée Elizabeth (Rosario Dawson). De séance en séance, des souvenirs surgissent, tandis que le tableau reste désespérément introuvable…

Film délibérément cahoteux, Trance est également une incursion dans la psyché humaine où la frontière entre le vrai et le faux n’existe plus vraiment. Les scénaristes John Hodge (complice du réalisateur) et Joe Ahearne semblent d’ailleurs avoir pris un malin plaisir à brouiller les pistes tant les possibilités se multiplient au fil d’un récit labyrinthique. Comme dans les films Inception ou Memento auxquels on pense naturellement, Trance s’applique à contredire nos certitudes à chaque retournement de situation.

Le succès du long métrage réside aussi dans ce trio infernal où les acteurs jouent des personnages se jetant coup sur coup la responsabilité de leurs déboires. James McAvoy interprète de manière juste ce commissaire-priseur tantôt naïf, tantôt rusé, alors que Rosario Dawson campe avec entrain la ravissante psychothérapeute aux multiples talents. Mais c’est le charismatique Vincent Cassel qui vole le show: son Frank, faux caïd au grand cœur, crève l’écran.

Avec ce thriller survitaminé qui tient le spectateur en haleine, Danny Boyle n’hésite pas à ajouter quelques notes d’humour, sans doute pour alléger les séquences de tortures et en particulier la scène presque insoutenable où l’on arrache les ongles de Simon pour le faire parler (ouch!). Sensations fortes et moments cocasses, on reconnaît ici la signature du réalisateur de Trainspotting surtout dans sa mise en scène trépidante et menée tambour battant. Seul bémol, une finale en apothéose un peu trop poussée. Ceci dit, Trance demeure un film jouissif et percutant qui ne laisse aucun répit.

Trance – Fox Searchlight – Thriller – 104 minutes – Sortie en salles le 12 avril 2013 – Grande-Bretagne.

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