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REER : Québec solidaire veut réduire de moitié le maximum déductible

11/04/2013 07:43 EDT | Actualisé 11/06/2013 05:12 EDT

En plus de mener la charge contre les paradis fiscaux, Québec solidaire propose de passer au couperet les REER, un abri fiscal jugé trop généreux.

À plus de 20 000 $, le maximum déductible au Régime enregistré d'épargne-retraite (REER) ne profite qu'à une petite communauté de riches, a fait valoir jeudi la coporte-parole de Québec solidaire, Françoise David, en point de presse.

« Ça profite effectivement à une infime, infime minorité », a-t-elle estimé.

La formation de gauche suggère de réduire de moitié le maximum déductible au titre des REER, qui passerait de près de 23 000 $ à environ 12 000 $. En 2008, Québec solidaire proposait un plafond encore plus bas, à 10 000 $.

Selon les données du ministère québécois du Revenu, les cotisations à un REER vont coûter au fisc plus de 2,2 milliards de dollars pour l'année 2012.

Or, en période de « disette », l'État n'a pas les moyens d'accorder autant de largesses aux nantis, a soutenu le député de Mercier, Amir Khadir, aux côtés de Mme David.

« En moyenne, les gens mettent à peu près 2300 $ là-dedans [REER], alors que les plafonds sont au-dessus de 20 000 $. Alors, l'essentiel de ces abris profite à qui? Quand on fait le calcul de tout ça, on s'aperçoit que c'est toujours le 1 %, ceux qui sont au sommet de la hiérarchie, qui prennent le gros du morceau », a-t-il soulevé.

En guerre contre l'évasion fiscale

La guerre à l'évasion fiscale et aux échappatoires légales de toutes sortes a marqué les débats de la dernière semaine à l'Assemblée nationale, avec le député Khadir comme figure de proue.

Jeudi, en Chambre, M. Kadhir a soutenu que « 90 milliards de dollars de l'argent du Québec » se trouvent dans des paradis fiscaux, placés à l'abri du fisc par « les élites d'affaires et les grandes compagnies du Québec ».

Pendant que le gouvernement serre la vis aux plus pauvres et aux étudiants, il trouve le moyen d'accorder 60 milliards de dollars de déductions fiscales aux entreprises, a pesté le député montréalais.

Même si le sujet « se discute », il n'est pas dans les plans de Québec solidaire d'éliminer toutes les mesures fiscales de soutien aux entreprises.

Certaines filières, selon M. Khadir, méritent de profiter « d'un aménagement » de la fiscalité.

« Par exemple, moi, je pense que si on a à développer un secteur comme les énergies vertes, ce serait bien qu'il y ait des déductions fiscales pour les voir surgir, les entreprises sociales, les entreprises coopératives. Il y a toutes sortes de choses, mais il faut voir le coût-bénéfice pour la société », a-t-il dit.


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