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Quelle est la stratégie d'Anonymous dans le cas de Rehtaeh Parsons?

11/04/2013 09:59 EDT | Actualisé 11/06/2013 05:12 EDT

Un texte de Bahador Zabihiyan

Le collectif de pirates informatiques Anonymous affirme avoir retrouvé en deux heures l'identité des personnes qui auraient intimidé et agressé sexuellement la jeune Rehtaeh Parsons, mais le groupe ne souhaite pas pour l'instant rendre publique l'identité de ces derniers. Une stratégie qui tranche avec celle qu'avait adoptée Anonymous lors du suicide d'Amanda Todd, en octobre dernier.

Dans une vidéo mise en ligne sur YouTube en anglais et en français, le groupe se demande pourquoi ni les policiers, ni le personnel des écoles que la jeune fille a fréquentées n'ont pas été capables de trouver et de punir les coupables avant que la jeune fille ne se suicide.

Dans un message publié tard jeudi et qui lui est attribué, le collectif Anonymous explique avoir décidé de ne pas rendre publics les noms des présumés agresseurs de Rehtaeh Parsons par respect pour la famille de la jeune fille, qui lui a demandé de ne pas révéler l'information. Le groupe prétend par ailleurs savoir que la GRC a obtenu de nouvelles informations dans ce dossier et ne pas vouloir s'ingérer dans l'enquête afin qu'elle progresse rapidement.

« Nous préférons voir les coupables être condamnés à la prison que de seulement les humilier. Ça ne serait pas la véritable justice », peut-on lire dans le message.

De plus, Anonymous s'adresse à ceux qui ont utilisé les réseaux sociaux pour faire connaître l'identité des suspects. Il affirme que la plupart d'entre eux ont nommé des innocents, ce qui sera tout aussi néfaste pour eux que la situation qu'à vécu Rehtaeh Parsons.

« Nous n'approuvons pas la justice populaire comme les médias l'affirment. Cela voudrait dire que nous approuverions que ces violeurs soient victimes d'actes de violence de la part d'une foule indisciplinée. Ce que nous voulons, c'est que la justice soit rendue, et ça, c'est votre boulot », affirme la voie synthétique de la vidéo publiée plus tôt jeudi, et qui s'adresse à la GRC.

La stratégie d'Anonymous est plus subtile dans le cas de Rehtaeh Parsons que dans celui d'Amanda Todd, selon Jon Blanchard, un membre du collectif qui réside à Halifax. Il affirme ne pas être impliqué dans les opérations d'Anonymous en lien avec Rehtaeh Parsons, mais son impression est que les membres de son collectif veulent mettre les pouvoirs publics devant leurs responsabilités afin que des actions concrètes soient entreprises pour lutter contre la cyberintimidation. « Ce qu'ils sont en train d'essayer de faire désespérément, c'est que tout cela devienne ennuyant, que cela disparaisse dans des rapports », dit-il, en décrivant l'action des responsables politiques de la province.

Il pense aussi que la pression exercée par Anonymous par le biais des réseaux sociaux fera en sorte que les jeunes impliqués dans l'agression sexuelle et la cyberintimidation de Rehtaeh Parsons se présenteront d'eux-mêmes à la police et avoueront ce qu'ils ont fait. « Un nombre important de personnes dans la communauté d'Anonymous souhaitent que les garçons se manifestent et fassent ce qu'ils ont à faire », explique-t-il en entrevue à la CBC.

La position d'Anonymous semble plus modérée que lors du suicide de la jeune Amanda Todd, en octobre dernier. Cette dernière s'était suicidée après qu'une personne eut mis en ligne une photo de l'adolescente montrant sa poitrine. L'inconnu avait dupé la jeune fille lors d'une conversion via webcam.

Le collectif de pirates informatiques avait alors publié l'identité d'un homme de 32 ans vivant dans la région de Vancouver, affirmant qu'il s'agissait de la personne qui avait harcelé Amanda Todd. La GRC avait alors appelé à la retenue, expliquant que l'enquête suivait son cours.

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