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Irlande du Nord : l'accord du Vendredi saint a 15 ans

10/04/2013 04:53 EDT | Actualisé 09/06/2013 05:12 EDT

Le 10 avril 1998, les principales forces politiques d'Irlande du Nord signaient l'accord du Vendredi saint, mettant ainsi fin, du moins sur papier, à des décennies de conflit entre catholiques et protestants.

Le premier ministre britannique David Cameron a rendu hommage mercredi aux architectes du compromis, déclarant qu'il avait pavé la voie pour un nouveau départ après des années de division et de terrorisme.

Selon lui, cette entente a représenté un « énorme pas en avant » et « une manifestation claire que la politique et la démocratie peuvent triompher sur la violence ».

L'accord du Vendredi saint constitue l'aboutissement de deux ans de négociations, enclenchées en 1996 sous l'égide d'une commission internationale présidée par George Mitchell, ex-sénateur des États-Unis.

L'accord de Belfast prévoit une semi-autonomie pour la province, avec le rétablissement d'un Parlement nord-irlandais réunissant catholiques et protestants. Il préconise aussi la création d'instances de dialogues entre les deux « Irlandes » et avec le Parlement britannique.

Six semaines plus tard, l'accord a été ratifié par référendum en République d'Irlande (94 %) et en Irlande du Nord (71 %).

Ce n'est toutefois que sept ans plus tard, en 2005, que l'IRA (armée nord-irlandaise, Irish Republican Army en anglais) a renoncé définitivement à la lutte armée et détruit son stock d'armes. La majeure partie des troupes britanniques a quitté l'Irlande du Nord cette même année.

Un moment symbolique est survenu en 2012, lorsque la reine Élisabeth II a serré la main de Martin McGuiness, vice-premier ministre de la province britannique, et ancien commandant en chef de l'IRA.

L'Irlande du Nord aujourd'hui

Quinze ans plus tard, la paix demeure toutefois précaire. Les deux communautés vivent encore dans des quartiers distincts, séparés par des murs, et leurs enfants fréquentent des écoles différentes.

Chaque année, les défilés orangistes du mois de juillet sont l'occasion d'incidents qui causent des dizaines de blessés.

En décembre dernier, la décision des membres catholiques du conseil municipal de Belfast de limiter le nombre de jours où le drapeau britannique flotte sur l'hôtel de ville a provoqué des émeutes qui ont duré plusieurs jours et fait plus de 100 blessés.

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