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Sous-traitance à l'étranger: la BMO est questionnée par ses actionnaires

10/04/2013 02:15 EDT | Actualisé 10/06/2013 05:12 EDT
CP

SASKATOON - Le président et chef de la direction de la Banque de Montréal (TSX:BMO) a affirmé mercredi que l'institution bancaire avait recours au programme fédéral des travailleurs étrangers temporaires, mais exclusivement pour combler des pénuries de personnel à court terme.

La controverse entourant la sous-traitance d'emplois canadiens qui a éclaté à la Banque Royale (TSX:RY) s'est invitée à l'assemblée annuelle de la Banque de Montréal, où les actionnaires ont questionné Bill Downe sur les pratiques de l'entreprise en matière de recrutement.

«Nous avons utilisé le programme pour combler les besoins à court terme là où ils se présentent, mais nous avons aussi mis en place un cadre de travail pour nous assurer que nous nous conformons à l'esprit du programme fédéral», a-t-il affirmé mercredi aux actionnaires.

Les actionnaires de la Banque de Montréal ont exhorté M. Downe à faire la lumière sur les pratiques de l'institution financière dans la foulée de la polémique survenue à la Banque Royale, qui a été accusée par d'anciens employés d'avoir embauché des travailleurs étrangers pour les remplacer.

La Royale avait chargé la firme iGate a fait venir 45 employés de l'étranger pour leur faire suivre une formation dans certaines succursales de la Banque de Montréal en prévision de l'emploi qu'ils pourraient y occuper, et ce, grâce aux des dispositions du programme des travailleurs étrangers temporaires (PTET).

Celui-ci «permet à des employeurs d'embaucher temporairement des travailleurs étrangers pour répondre à des besoins immédiats en matière de compétences et de main-d'oeuvre», peut-on lire sur un site gouvernemental. Or, selon certains critiques, le programme mis en place par Ottawa permet aux entreprises de recruter de la main-d'oeuvre bon marché au détriment des travailleurs canadiens.

L'une des actionnaires présentes à l'assemblée annuelle de la Banque de Montréal à Saskatoon a affirmé qu'elle voulait retirer de la fierté à investir dans une entreprise qui ne décimera pas la classe moyenne au Canada.

«Je pense que cette banque pourrait ouvrir la voie, réduire la sous-traitance et garder nos employés au Canada», a-t-elle dit lors de la rencontre.

Bill Downe a répliqué que la vaste majorité des emplois créés par l'institution bancaire se trouvaient au Canada et aux États-Unis, où la présence de la banque a augmenté au cours des dernières années, notamment grâce à l'acquisition, pour 4,1 milliards $, de Marshall & Isley.

L'action de la Banque de Montréal a pris mercredi 70 cent à la Bourse de Montréal, pour clôturer à 63,39 $.

Mardi, lors de l'assemblée annuelle de Scotiabank (TSX:BNS) à Halifax, le président et chef de la direction avait lui aussi dû préciser les pratiques de l'entreprise en ce qui a trait à la sous-traitance. Rick Waugh a répondu que l'institution bancaire ne prévoyait pas avoir recours à la sous-traitance pour combler les postes disponibles, mais a fait savoir qu'elle se tournerait davantage vers des centres d'appel à l'international.