DIVERTISSEMENT

Saison 2013-2014 du TNM: courtepointe artistique

09/04/2013 08:55 EDT | Actualisé 09/06/2013 05:12 EDT
www.tnm.qc.ca

Le Théâtre du Nouveau Monde a dévoilé lundi la programmation de sa saison 2013-2014, sa 62e, un audacieux amalgame de classiques et de créations éclatées où se côtoieront cirque, musique et danse. L’institution de la rue Sainte-Catherine mise sur ces combinaisons inventives non seulement dans le but avoué de rajeunir sa clientèle, mais aussi pour s’adapter aux tendances sans cesse mouvantes qui secouent les scènes de partout.

«Le dénominateur commun, cette année, c’est la rencontre de plusieurs disciplines entre elles qui fusionnent avec le théâtre», a lancé Lorraine Pintal, directrice de l’établissement. «J’imagine le tout comme une espèce de grande courtepointe, où les fils se tissent les uns par rapport aux autres et s’enchevêtrent, pour fournir une vision prismatique de l’univers dans lequel on est. J’ai toujours trouvé que le théâtre avait cette capacité de réunir des artistes de tous les horizons, de cultures et d’expériences différentes, et d’offrir quelque chose d’ouvert, de dynamique, d’actuel, de polyvalent.»

Le TNM joue donc de cran en ouvrant l’automne avec Le murmure du coquelicot, un périple fantastique esquissé par la troupe Les 7 doigts de la main, à qui on a donné carte blanche pour concevoir cet exercice où fusionneront cirque et fiction. Entouré de six acrobates, Rémy Girard y personnifiera un comédien catapulté au cœur d’un véritable délire alors qu’il auditionne pour « le rôle de sa vie ». Pascale Montpetit lui donnera la réplique dans cette mise en scène de Sébastien Soldevila et Shana Carroll.

Œuvre prenante du dramaturge Jean Genet, Le Balcon se déroule dans une «maison d’illusion» où des hommes ordinaires vont tarir leur soif de pouvoir et calmer leurs appétits sexuels pendant qu’à l’extérieur, le peuple tombe aux mains de révolutionnaires. Une distribution de grande qualité, comprenant notamment Marie-Thérèse Fortin, Éric Bernier, Stéphane Breton, Bernard Fortin, Roger La Rue, Julie Le Breton, Macha Limonchik et Vincent-Guillaume Otis, y croisera le fer, sous les ordres de René Richard Cyr.

En janvier, ce sont les mots d’Olivier Kemeid qui prendront vie virtuellement grâce au savoir-faire de Michel Lemieux et Victor Pilon, qui nous ont déjà donné La Belle et la Bête, aussi au TNM. Cette fois, on s’attaquera au mythe d’Icare, mort après être tombé du ciel en essayant les ailes de cire construites par son père, Dédale. L’histoire sera illustrée d’un point de vue moderne, en opposant un brillant architecte et son fils que personnifieront Gilles Renaud et Renaud Lacelle-Bourdon. La mezzo-soprano Noëlla Huet les accompagnera sur scène.

Tremblay, Lepage… et Cyrano

L’année 2014 se terminera en lion avec trois productions d’envergure rassemblant des créateurs de renom et des têtes d’affiche chevronnées. À compter du 11 mars, l’intemporelle Albertine en cinq temps, de Michel Tremblay, revisitée par Lorraine Pintal, sera jouée par Émilie Bibeau, Lise Castonguay, Lorraine Côté, Eva Daigle, Monique Miller et Marie Tifo. On célébrera par la même occasion le 30e anniversaire de cette pièce phare du répertoire de cet auteur bien de chez nous.

Marc Labrèche effectuera son grand retour sur les planches dans Les aiguilles et l’opium, de Robert Lepage. Plus de vingt ans après avoir donné corps à cette prestation solo multimédia, ce dernier cède l’espace à son complice de longue date, qui relatera, avec l’énergie qui lui est propre, l’improbable croisement entre les destins entrechoqués du poète Jean Cocteau, du jazzman Miles Davis et d’un comédien québécois réfugié dans une chambre d’hôtel de Saint-Germain-des-Prés. Absence, dépendance, peine d’amour: les spectateurs en seront quittes pour un savoureux cocktail d’émotions. On conseille de se procurer des billets rapidement, car l’engouement suscité par l’association Lepage-Labrèche est déjà important.

Enfin, le chef-d’œuvre d’Edmond Rostand, Cyrano de Bergerac, fermera la marche. Sous le regard aguerri de Serge Denoncourt, Patrice Robitaille incarnera l’amoureux au nez interminable, Magalie Lépine-Blondeau, la douce Roxane et Gabriel Sabourin, le timide Christian. Une vingtaine d’autres acteurs complèteront le tableau.

Lorraine Pintal ne semblait pas peu fière, lundi, de proposer à ses abonnés présents et futurs, un panorama d’une aussi grande diversité, porté par des artisans de talent et adorés du public.

«Le TNM est le haut lieu du théâtre à Montréal, et je dirais même au Québec», s’est enorgueillie la dame. «Les gens s’attendent à y voir de grands artistes, dans un carrefour de rencontres où tous les arts peuvent s’exprimer, mais où la parole sera toujours reine.»

Pour en savoir plus sur la programmation 2013-2014 du TNM, consultez le www.tnm.qc.ca.