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Le nouveau président kenyan prête serment dans la controverse

09/04/2013 09:45 EDT | Actualisé 09/06/2013 05:12 EDT

Le nouveau président du Kenya, Uhuru Kenyatta, a prêté serment mardi malgré son inculpation par la Cour pénale internationale (CPI) pour crime contre l'humanité.

La cérémonie d'assermentation s'est déroulée dans le calme dans un stade de la banlieue de Nairobi, où le nouveau chef de l'État kenyan a promis d'être « le président de tout le peuple ».

Le calme qui règne au Kenya au lendemain des présidentielles du 4 mars dernier contraste avec les violences sanglantes qui avaient embrasé le pays il y a cinq ans, lors des présidentielles précédentes.

C'est d'ailleurs pour le rôle présumé qu'il a joué lors de cet épisode sanglant que le président Uhuru Kenyatta est poursuivi pour crime contre l'humanité par la CPI.

Son colistier, William Ruto, qui a prêté serment mardi aux côtés du nouveau président, est lui aussi inculpé par la CPI.

Les alliés occidentaux dans l'embarras

Ces poursuites de la justice internationale contre les deux dirigeants kenyans placent les gouvernements occidentaux dans une situation délicate.

C'est que le Kenya, qui est un précieux allié des nations occidentales en Afrique de l'Est, notamment dans la lutte contre le terrorisme islamique en Somalie, reçoit un important soutien financier de l'Occident.

Or, il devient délicat de financer et de soutenir un pays dont le chef d'État et son premier adjoint sont inculpés devant la justice internationale. Le Kenya joue par ailleurs un rôle très important dans le maintien de la stabilité de cette région de l'Afrique.

Dans de tels cas, les nations qui soutiennent des pays dirigés par des personnes inculpées doivent limiter leurs contacts avec elles tout en veillant au maintien des relations avec le pays concerné.

Par conséquent, les États-Unis et plusieurs pays d'Europe se sont fait représenter à la cérémonie d'investiture du président Kenyatta par leurs ambassadeurs.

Outre les représentants occidentaux, une dizaine de chefs d'État et de chefs de gouvernement africains ainsi que des officiels de haut rang étaient présents lors de la cérémonie.

La Chine et l'Inde, qui ne reconnaissent pas la CPI, avaient dépêché de hauts responsables pour assister à l'événement.

Uhuru Kenyatta, 51 ans, est issu du groupe ethnique des Kikuyus, le plus important au Kenya. Il est le fils de Jomo Kenyatta, premier président du Kenya après son accession à l'indépendance, en 1963.

M. Kenyatta et son vice-président, William Ruto, ont promis de collaborer avec la CPI afin de se disculper des accusations qui pèsent contre eux et qu'ils nient en bloc.

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