DIVERTISSEMENT

Tryo au Métropolis: voir la vie en reggae (ENTREVUE)

09/04/2013 08:26 EDT | Actualisé 09/06/2013 05:12 EDT
B. Benant

MONTRÉAL - Après 18 années à propager leur musique reggae ici et là autour du monde, le groupe français Tryo ne ralentit guère la cadence. Au détour d’une importante tournée en France, le quatuor est de retour au Québec pour offrir, dans une nouvelle formule, leur cinquième album intitulé Ladilafé. Une approche que Cyril « Guizmo » Célestin et Christophe Mali affirment revisiter avec beaucoup d’enthousiasme.

Tryo est très populaire en France, comme en fait foi la quarantaine de spectacles offerts dans de grandes salles comme le Zénith, à Paris. Depuis la sortie du disque en août 2012 (les critiques sont partagées en Europe, mais somme toute positives), les membres de Tryo n’ont pas chômé. Avant d’arriver en sol québécois pour quatre prestations (dont deux soirs au Métropolis), ils étaient en Allemagne où ils ont notamment mis au point leur nouveau concert.

« Après quelque quarante dates en France, on repart maintenant sur les événements spéciaux, les festivals et les concerts dans les villes étrangères, comme ici, à Montréal », explique Guizmo.

« On sort d’un spectacle avec beaucoup de musiciens, dans lequel il y avait une scène flottante disposée au milieu de la salle, un décor imposant et un esprit assez théâtral », renchérit Christophe Mali. « Pour la prochaine série de concerts, qui a commencé en Allemagne, on veut proposer quelque chose de différent. Nous (les deux autres personnes de Tryo étant Daniel Bravo et Manu Eveno) serons seulement les quatre membres du groupe sur les planches, dans une formule qui met de l’avant les voix, la guitare, les percussions, avec un peu de clavier et de banjo. »

« Ça va bien faire dix ans que nous n’avons pas fait cela sur scène », ajoute Guizmo. « Nous sommes conscients de la grande différence avec ce que nous venons de proposer en France. Cela dit, ce sera quand même très festif, avec nous toujours au coeur des performances. »

Festif est d’ailleurs le mot utilisé par ce dernier pour qualifier le nouvel opus. « Il est plus uptempo que le précédent en tout cas », lance-t-il. S’ajoutent bien sûr les couleurs pop de reggae et de ska, une forte présence des instruments acoustiques (outre quelques passages électriques comme sur la première pièce de l’album Greenwashing), la joie de vivre, les paroles engagées et l’attachement inconditionnel des chansons à texte.

« C’est notre école. Brel, Trenet, Brassens, Bob Marley, ce sont des chanteurs qui ont inspiré notre démarche. Pour nous, l’écrit a toujours pris une place de premier plan dans notre travail», raconte Guizmo. « Au niveau musical, on se laisse pas mal de liberté. Je pense par exemple aux influences indienne et arabe dans certains de nos arrangements […] Nous aimons changer les ambiances. Nous n’aimons pas trop tomber dans le mélodrame, le pathos. Quand les textes abordent des sujets relativement lourds, nous essayons de mettre un peu de contrastes, que ce soit par la dérision ou l’humour. »

Fidèles

Tryo est bien connu au Québec, territoire que ses membres ont visité plus d’une douzaine de fois au fil des ans.

« On est très bien accueilli ici », indique Christophe Mali. « Nous avons une histoire particulière avec les Québécois. Nous avons pris soin d’aller rencontrer le public un peu partout en province durant nos nombreux voyages chez vous. Nous avons par exemple fait une tournée des cégeps. Ça permet de tisser des liens qui restent. Les Québécois sont un public très fidèle. Et c’est un plaisir de les retrouver. »

Pour les clins d’œil à la société de consommation (l’écologisme opportuniste d’affaires), pour le coup de gueule contre le Front National (peut-être un peu facile, mais bon…), pour une conscientisation au sujet de l’euthanasie ou encore pour les références au Printemps arabe; pour l’humour, l’ironie, la désinvolte, l’énergie contagieuse ou encore pour son hommage à une complice de longue date (Patricia Bonnetaud de l’étiquette Yelen musique est décédée à l’hiver 2012), Tryo sera au Métropolis de Montréal les 10 et 11 avril, à 20 h.

Le groupe français se donnera aussi en spectacle au Théâtre Granada de Sherbrooke le 13 avril et au Grand Théâtre de Québec le jour suivant.