POLITIQUE

Employés étrangers à la RBC : le NPD impute la faute aux conservateurs

08/04/2013 03:48 EDT | Actualisé 07/06/2013 05:12 EDT
CP

Le gouvernement Harper a lancé une enquête au sujet du contractant extérieur qu'a utilisé la Banque Royale du Canada (RBC) pour transférer en sous-traitance des dizaines d'emplois devant être occupés par des travailleurs à Toronto.

Une porte-parole de la ministre des Ressources humaines a indiqué que des responsables avaient amorcé le processus de révision des formulaires d'application soumis par iGATE, une firme multinationale qui a fourni des employés à la RBC pour des services techniques.

L'enquête s'intéresse notamment à de possibles divergences entre des déclarations de responsables de la RBC et des informations que iGATE avait auparavant remises au gouvernement.

La ministre des Ressources humaines et du Développement des compétences, Diane Finley, avait réagi dimanche en affirmant que la décision de la RBC était inacceptable, rappelant que le Programme des travailleurs étrangers temporaires « n'a jamais été créé pour servir à faire venir des travailleurs étrangers temporaires destinés à remplacer des travailleurs canadiens qui avaient déjà un emploi ».

La RBC, quant à elle, a rappelé qu'elle n'avait pas embauché les nouveaux employés en question, puisqu'ils sont payés par la firme iGATE, une multinationale de sous-traitance indienne. En entrevue à la CBC, le PDG de la Banque Royale, Gordon Nixon, a nié que sa banque embauchait des travailleurs étrangers. Il a minimisé l'affaire en expliquant que ces travailleurs avaient été embauchés dans le cadre d'un contrat d'affaires avec une de ces divisions.

La RBC a reconnu dans un communiqué dimanche avoir sous-traité certains services de technologie à une entreprise externe qui avait emmené ses propres employés pour des sessions de formation à la Banque Royale du Canada - une décision qui a touché 45 employés réguliers de l'institution bancaire à Toronto.

« Nous sommes conscients de l'incidence de cette situation sur nos employés et nous demeurons déterminés à leur apporter toute l'aide voulue, notamment en cernant pour eux de nouveaux rôles qui leur conviennent », a déclaré Zabeen Hirji, chef des ressources humaines.

Le gouvernement est responsable, selon le NPD

Le gouvernement de Stephen Harper est à blâmer pour ce « scandale », a déclaré lundi le chef du Nouveau Parti démocratique (NPD), Thomas Mulcair.

« Les conservateurs sont à l'origine du problème. C'est eux qui ont mis en place le stratagème que la Banque Royale est en train d'utiliser, » s'est indigné M. Mulcair en point de presse, faisant référence au Programme des travailleurs étrangers temporaires.

Le chef du NPD « somme M. Harper, son ministre de l'Immigration, M. Kenney, et surtout Diane Finley, la ministre responsable de Services Canada, d'infirmer cette décision-là, d'arrêter de donner des permissions comme celle-là ».

Selon M. Mulcair, les « scandales » liés aux travailleurs étrangers ne sont pas uniquement des effets collatéraux du Programme, mais s'inscriraient dans une volonté des conservateurs d'« amoindrir les conditions d'emploi » au pays. 

Un choix d'affaires controversé

La RBC n'est pas la première entreprise à semer la controverse à cause de salariés étrangers. La société HD Mining a embauché cet automne 201 travailleurs chinois pour sa mine de charbon de Murray River. Cette embauche se serait faite au détriment de travailleurs canadiens, selon deux syndicats.

Le 7 février dernier, le ministre de l'Emploi de la Colombie-Britannique, Pat Bell, a admis que le programme fédéral d'embauche de travailleurs temporaires étrangers connaissait des ratés.