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Irak: un attentat suicide lors d'un rassemblement politique fait 20 morts

06/04/2013 06:29 EDT | Actualisé 06/06/2013 05:12 EDT
PC

BAGDAD - Un kamikaze s'est fait exploser samedi lors d'un repas communautaire organisé par un candidat sunnite aux prochaines élections régionales en Irak, tuant 20 personnes, ont révélé des responsables.

L'explosion a désintégré une tente installée près de la maison de Muthana al-Jourani, qui se présente pour un siège au conseil provincial et qui avait organisé ce repas pour des partisans, a mentionné le conseiller Sadiq al-Huseini.

L'attaque a eu lieu à Baqouba, une ville située à environ 60 kilomètres au nord-est de Bagdad et qui regroupe des citoyens sunnites et chiites. Les attaques d'insurgés et les combats sectaires ont été très nombreux pendant la décennie qui a fait suite à l'invasion américaine, en 2003. Les violences devraient être de plus en plus fréquentes en prévision des élections provinciales devant avoir lieu le 20 avril.

Selon un agent de police, le candidat al-Jourani, qui a été blessé lors de l'attaque, n'avait pas réclamé des forces de sécurité supplémentaires pour cet événement politique.

À la morgue de la ville, au moins dix corps gisaient sur le sol, drapés dans des bâches en plastique noir. Des équipes d'urgence ont soigné les blessés. Sur les lieux de l'attentat, des chaises blanches en plastique étaient renversées et des hommes, apparemment encore sous le choc, avaient le regard plongé dans le vide, toujours vêtus de vêtements trempés de sang.

Ahmad ad-Hadlouj, un témoin de 34 ans blessé lors de l'explosion, a indiqué que des centaines de personnes s'étaient rassemblées dans la ruelle pour l'activité partisane. Son père, un membre du bloc politique du candidat, a également été blessé.

«Voilà notre sang [versé] pour le peuple, a dit M. al-Hadlouj. Nous participerons malgré tout aux élections.»

L'attaque n'a pas été immédiatement revendiquée, mais le policier a mentionné que l'attentat était typique des militants d'al-Qaïda, qui ont utilisé des kamikazes, des voitures piégées et des attaques coordonnées pour tenter de déstabiliser le pays et saper la confiance envers le gouvernement dirigé par une majorité chiite. Des extrémistes sunnites tenanciers de la ligne dure voient les chiites et ceux qui travaillent avec eux comme des hérétiques.

Une vague d'attentats mortels et d'attaques survenus en mars a poussé des responsables irakiens à conclure que la branche irakienne d'al-Qaïda, comme sous le nom d'État islamique d'Irak, s'est renforcée. Ils affirment que l'absence d'application de l'État de droit le long de la frontière avec la Syrie et la collaboration transfrontalière avec un groupe de militants syriens a permis d'augmenter l'apport en armes et en combattants étrangers.