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Coéquipiers ou admirateurs?

06/04/2013 01:58 EDT | Actualisé 05/06/2013 05:12 EDT

Quand Tyler Seguin est né, Jaromir Jagr comptait déjà une bague de la Coupe Stanley. Quand Brad Marchand commençait à patiner, Jagr terrorisait les gardiens adverses avec les Penguins de Pittsburgh.

Seguin et Marchand jouent aujourd'hui dans le même trio qu'une de leurs idoles de jeunesse. L'unité sera à l'œuvre dans un deuxième match samedi soir, lors du duel entre les Bruins (24-8-4) et le Canadien (24-8-5) à Montréal.

L'acquisition de Jagr par les Bruins, en début de semaine, a évidemment fait des heureux dans le vestiaire bostonien. Et à l'extérieur...

« Plusieurs de nos joueurs reçoivent des SMS de leurs amis qui veulent des autographes, a raconté l'entraîneur-chef des Bruins, Claude Julien, samedi matin. C'est un futur membre du Temple de la renommée, sans aucun doute. Il mérite tous les compliments. »

« Je le vois faire des choses et je hoche la tête tellement je suis impressionné, a mentionné Marchand. Ce matin, je le regardais s'entraîner en avantage numérique. Tu peux vraiment apprendre beaucoup de lui. J'aurai toujours une certaine admiration pour lui. »

Julien y a d'ailleurs été d'une boutade, lorsque questionné sur le plaisir qu'ont ses joueurs à regarder jouer le légendaire numéro 68.

« Ils ont eu une belle occasion de le regarder (jeudi), je crois que sa première présence sur la patinoire a duré 1 min 30! Il a ensuite réalisé qu'il devait raccourcir ses présences pour finir le match! »

Pour la petite histoire, sa première présence jeudi, à ses débuts dans son nouvel uniforme, avait duré 1:15. Il a fini le match avec une moyenne de 60 secondes par présence, la plus élevée de l'équipe ce soir-là, à égalité avec Seguin.

L'humilité

Pour Marchand, l'admiration fait place à une certaine timidité de jouer avec le 8e marqueur de l'histoire de la LNH (1680 points).

« J'étais très nerveux même à l'entraînement matinal! J'avais l'impression que je devais toujours lui faire des passes. Je ne voulais pas gaffer! Mais il nous rend très à l'aise. »

Jagr, lui, prend le tout avec un grain de sel, même si à 41 ans, il totalise pratiquement plus d'anniversaires que ses deux partenaires mis ensemble. Seguin a 21 ans, Marchand en a 24.

« Ils sont jeunes, ils ont beaucoup d'énergie, tu ne veux pas les ralentir, a-t-il répondu au sujet de Marchand et Seguin. Ils ne doivent pas jouer comme moi, je suis lent! »

Au-delà des plaisanteries, Jagr aide à solidifier les deux premiers trios des Bruins, avec son talent naturel, une présence physique certaine et un bagage d'expérience. Privés de Patrice Bergeron et Chris Kelly, les hommes de Claude Julien ne peuvent pas dire non à un peu de profondeur.

« Jaromir est un joueur intelligent. Une chose qu'il comprend bien, c'est qu'il va s'ajuster à notre équipe, ce n'est pas notre équipe qui va s'ajuster à lui. On l'a choisi parce qu'on pense qu'il peut nous aider avec son jeu. Il a peut-être ralenti par rapport à ses beaux jours, mais il est encore capable de fabriquer des jeux et il est solide avec la rondelle. »

Nomade

En 35 matchs cette saison, Jagr totalise 27 points, après avoir engrangé 54 points en 73 sorties la saison dernière, avec les Flyers de Philadelphie. Ses performances n'avaient pas convaincu les Flyers de retenir ses services, si bien que les Stars de Dallas l'ont embauché l'été dernier pour une saison.

Après avoir passé par trois équipes en deux saisons, le quadragénaire souhaite-t-il un peu de stabilité avant d'accrocher ses patins?

« Je ne sais pas ce qui va arriver, a-t-il laissé tomber. Je veux simplement profiter du hockey. »

Les attaquants de 240 lb (109 kg) capables d'inscrire une cinquantaine de points ne courent pas les rues. Tant qu'il maintient ce rythme et qu'il souhaite jouer, il ne devrait pas avoir de difficulté à se trouver un employeur.

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