NOUVELLES

Des prédateurs américains ciblent des enfants canadiens par le jeu vidéo en ligne

02/04/2013 01:20 EDT | Actualisé 01/06/2013 05:12 EDT
Alamy

Le Service de police de Winnipeg a récemment enquêté sur sept affaires de cyberprédateurs qui auraient leurré des enfants au moyen de consoles de jeu vidéo, un problème parfois non détecté et peu rapporté.

Le sergent-détective Darren Oleksiuk a affirmé que les policiers sont informés de nouveaux cas chaque mois. Tous sauf un impliquaient un enfant de Winnipeg ayant interagi avec un suspect se trouvant aux États-Unis.

La directrice de Cyberaide.ca, Signy Arnason, fait valoir que son organisme reçoit un grand nombre de signalements à propos de possibles leurres d'enfant dans le jeu vidéo en ligne et en transmet une dizaine à la police chaque année. Cependant, un grand nombre de tentatives de leurre ne seraient pas rapportées, croit-elle.

Mme Arnason et le sergent-détective Oleksiuk sont d'avis que le non-signalement est en partie dû à la crainte qu'auraient certains enfants de perdre leur console s'ils avouaient avoir été en communication avec une personne suspecte.

Harcèlement sexuel

Pour tester l'expérience que peuvent vivre certains enfants dans le monde du jeu vidéo en ligne, la journaliste Gosia Sawicka s'est ouvert un compte PlayStation Home, un jeu vidéo accessible sur la console PlayStation 3. La journaliste de CBC s'est fait passer pour une jeune de 13 ans, sous l'avatar Em_giirl13 et elle a exploré les zones publiques du jeu en interagissant avec d'autres joueurs.

En quelques minutes, Em_giirl13 a été abordée par un certain nombre d'individus. Plusieurs lui ont posé en termes très explicites des questions à caractère sexuel, même après avoir appris qu'elle avait 13 ans. La journaliste a aussi reçu des demandes de photos, de nombreux messages privés et des invitations à un clavardage audio.

Des individus ont indiqué à Em_giirl13 qu'ils avaient aussi 13 ans, une tactique potentielle utilisée par de nombreux cyberprédateurs, selon le sergent-détective Oleksiuk.

Responsabilité partagée

CBC a joint Sony, qui fabrique la PlayStation 3, Microsoft, qui produit la Xbox 360 et Nintendo, qui manufacture la Wii, pour leur demander ce qu'ils font pour assurer la sécurité des enfants sur leurs plateformes en réseau. L'Association canadienne du logiciel de divertissement a transmis une déclaration au nom des fabricants.

Son directeur des relations publiques, Julien Lavoie, a soutenu que les membres de l'Association « se préoccupent de la sécurité des utilisateurs et des joueurs », mais il a aussi fait valoir que « les parents et leurs enfants devraient toujours faire attention et être vigilants en prenant part à toute forme de médium en connexion ».

Le cofondateur de l'organisme Au-delà des frontières réfute l'argument de la responsabilité de l'utilisateur. Mark Hecht, dont l'organisme s'attaque à l'exploitation des enfants et au trafic d'êtres humains, croit que les entreprises font leur beurre en commercialisant leurs consoles auprès des enfants et qu'elles devraient prendre l'initiative d'améliorer leur sécurité.

Plusieurs provinces touchées

CBC a communiqué avec plusieurs services de police au Canada. Plusieurs ont dit être au courant de cas de leurre d'enfant par des jeux vidéo en ligne, mais aucun n'a voulu donner plus de détails. Des recherches dans des dossiers judiciaires ont permis de trouver trois cas ayant mené à des arrestations à Sault-Sainte-Marie, en Ontario, à Trois-Rivières, au Québec et à Saint-Jean de Terre-Neuve.

INOLTRE SU HUFFPOST

Les dix commandements de Facebook