POLITIQUE

Duceppe discrédite la démarche du gouvernement, dit l'opposition

02/04/2013 02:09 EDT | Actualisé 02/06/2013 05:12 EDT
AFP/Getty Images

QUÉBEC - Les partis de l'opposition croient que la démarche du gouvernement contre la réforme de l'assurance-emploi est discréditée par la participation de l'ex-chef bloquiste Gilles Duceppe.

La Coalition avenir Québec (CAQ) et le Parti libéral du Québec (PLQ) ont continué, mardi, à dénoncer la présence de M. Duceppe, alors qu'un reportage indiquait qu'il pourrait être secondé par d'autres souverainistes dans son mandat.

Selon les deux principaux partis de l'opposition à l'Assemblée nationale, cette démarche impliquant M. Duceppe ne vise qu'à faire progresser l'ordre du jour souverainiste.

Le gouvernement doit dévoiler plus de détails sur cette initiative, mercredi. La semaine dernière, la première ministre Pauline Marois a confirmé qu'un mandat serait confié à M. Duceppe concernant les changements d'Ottawa à l'assurance-emploi.

Ottawa a braqué les parlementaires québécois avec cette réforme de même qu'avec des modifications aux fonds fédéraux alloués pour la formation de la main-d'oeuvre, dans le dernier budget.

La CAQ et le PLQ souhaitent que le gouvernement travaille pour mettre en place un front commun avec les autres provinces canadiennes opposées aux plans d'Ottawa.

Le leader parlementaire caquiste Gérard Deltell a critiqué la nomination partisane de M. Duceppe, mardi, et s'est inquiété des rumeurs concernant les autres personnes qui pourraient l'entourer, dont l'ex-ministre péquiste Rita Dionne-Marsolais.

M. Deltell a affirmé que les péquistes auraient dû trouver une personne plus rassembleuse que l'ex-chef bloquiste pour traiter de cet enjeu où tous les partis politiques québécois dénoncent l'approche fédérale.

«Si on veut tisser des liens avec les autres provinces, c'est pas en allant chercher un chef souverainiste qui a tapé du pied contre Ottawa pendant 20 ans qu'on va être capable de convaincre le Canada anglais du bien-fondé de nos positions», a-t-il dit.

La députée libérale Kathleen Weil, porte-parole en matière d'emploi, a exprimé son scepticisme concernant les résultats qui pourront être obtenus par la démarche associant M. Duceppe.

Selon Mme Weil, la participation de l'ex-chef bloquiste et de Mme Dionne-Marsolais vise surtout à prouver l'échec du fédéralisme.

La députée libérale croit que la ministre du Travail et de l'Emploi, Agnès Maltais, aurait dû être chargée de cette mission.

«Même si c'est Gilles Duceppe pour faire le tour du Canada, ce n'est pas exactement la personne pour bâtir un consensus au Canada, c'est ça qui est très préoccupant, a-t-elle dit. (...) Ça semble voué à l'échec, avec juste la nomination de bloquistes et de péquistes pour mener cette tournée du Québec, c'est certainement pour mousser le dossier de la gouvernance souverainiste.»

Mme Maltais participera mercredi à une annonce en compagnie de son collègue aux Affaires intergouvernementales canadiennes et à la Gouvernance souverainiste, Alexandre Cloutier.

En confirmant que les services de M. Duceppe avaient été retenus, la semaine dernière, M. Cloutier avait promis plus de détails cette semaine.

Le nom et le mandat du comité sont pour l'instant inconnus, de même que le rôle précis de M. Duceppe, même s'il ne sera pas secondaire. Il reste encore à déterminer si la question de la formation de la main-d'oeuvre fera aussi partie du mandat.

Dans son édition de mardi, le quotidien La Presse a rapporté que Mme Dionne-Marsolais participerait à la démarche, ainsi que deux anciens hauts fonctionnaires.

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