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Koh-Lanta: suicide du médecin de l'émission de TF1 au Cambodge

01/04/2013 10:33 EDT | Actualisé 01/06/2013 05:12 EDT
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TÉLÉVISION - Le docteur Thierry Costa, 38 ans, médecin de l'émission Koh-Lanta diffusée par TF1, s'est donné la mort lundi au Cambodge, a annoncé la production Adventure Line productions (ALP).

"Nous apprenons avec consternation que le docteur Thierry Costa s'est donné la mort aujourd'hui au Cambodge", déclare ALP dans un communiqué. "Thierry Costa, 38 ans, médecin-urgentiste (...) était également le médecin de Koh-Lanta depuis quatre saisons. Son très grand professionnalisme et son humanité à l'égard des participants et des équipes de production ont toujours fait l'unanimité. Il a laissé une lettre qui a été transmise à sa famille", ajoute le texte.

Le 21 mars, un candidat de la 16e saison de Koh-Lanta, Gérald Babin, est décédé des suites d'une crise cardiaque lors de la première épreuve du premier jour de tournage de l'émission. Lors de cette épreuve, dite du "naufrage", le jeune homme de 25 ans se serait plaint d'une crampe en nageant, arrêtant la compétition. Après avoir été réhydraté sur la terre ferme, il aurait été conduit à l'infirmerie. C'est sur le chemin que celui-ci aurait fait un premier arrêt cardiaque, puis plusieurs durant son évacuation vers l'hôpital, dans lequel il décédera quelques minutes après son arrivée.

Après ce drame, la production a aussitôt décidé d'arrêter et annuler cette 16e saison endeuillée. Quelques jours plus tard, le 28 mars, le rôle du médecin de l'émission, Thierry Costa, ainsi que celui de la société de production, a été mise en cause par un témoignage dans une enquête d'Arrêt sur images.

Sébastien Rochat et David Medioni, les deux journalistes d'Arrêt sur images, ont enquêté sur la base d'un témoignage anonyme envoyé à plusieurs rédactions dont la leur. Cette personne qui dit travailler au sein d'ALP avance que Gérald Babin aurait été transporté à l'hôpital en bateau plutôt qu'en hélicoptère pour des raisons financières. "Il a d’abord été décidé d'évacuer Gérald à l'hôpital par bateau, alors qu'un hélicoptère est théoriquement disponible, mais cela est jugé inutile et trop coûteux par la production". Ce qu'a confirmé le site d'Arrêt sur images après avoir contacté la société d'hélicoptères sur place.

À en croire ce témoignage, avant de mourir, le candidat qui a fait plusieurs malaises aurait aussi été laissé pendant plusieurs minutes sans assistance, la tête dans le sable: "Il s'est écoulé environ 10 minutes, peut-être plus, entre le moment où Gérald s'est effondré et le moment où le médecin intervient finalement". Les journalistes d'Arrêt sur images n'ont pas pu confirmer cette dernière information.

La société de production ALP a elle porté plainte contre X pour diffamation le 28 mars.

Le 29 mars, RMC a dévoilé un second témoignage qui accrédite la thèse des défaillances de la part de la production. Joint par la journaliste Aurélia Manoli, un nouveau témoin, qui assure qu'il était lui aussi présent au Cambodge sur le tournage de l'émission, évoque "une série de manquements", dans la lignée des révélations d'Arrêt sur images, et apporte de nouvelles précisions sur la réaction de la production au moment où s'est noué le drame.

Lorsque Gérald Babin s'est effondré dans le sable, "le médecin qui suit le jeu sur un écran veut intervenir. Le présentateur, Denis Brogniart, interroge le candidat qui dit avoir des crampes et selon notre témoin, il ne juge pas une intervention nécessaire, le réalisateur non plus, l'épreuve n'est donc pas interrompue", explique la journaliste de RMC.

D'après la source de la station, ce n'est qu'après un nouvel appel au secours du candidat, "au bout de huit à neuf minutes", que l'équipe aurait réagit. La source indique d'ailleurs que son appel à l'aide "s'entendait très clairement dans les enregistrements vidéos". Le médecin intervient alors et "penche pour de la déshydratation". La source ajoute qu'il faudra "encore 1h30 pour que Gérald soit transféré en bateau".

Au lendemain de la mort du candidat Gérald Babin, le 23 mars, Moundir, un ancien candidat de Koh-Lanta (2003 et 2009), affirmait que durant l'émission, les concurrents étaient "aussi bien suivis qu'un président de la République", ajoutant que Koh-Lanta était "un hôpital ambulant":