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Chypre: besoin d'investissements et de dépenses

01/04/2013 05:36 EDT | Actualisé 01/06/2013 05:12 EDT

Chypre pense à offrir des avantages fiscaux aux entreprises dont les bénéfices sont réinvestis sur l'île, dans le cadre d'un programme visant à relancer son économie mal en point, a annoncé lundi le président Nicos Anastasiades.

Dans le but d'attirer les touristes étrangers, la République de Chypre envisage aussi de lever l'interdiction frappant l'existence de casinos, qui, pour le moment, n'opèrent dans la légalité que dans la partie nord de l'île, contrôlée par la Turquie.

M. Anastasiades, qui a fait le point devant ses ministres sur la situation économique, lors d'une rencontre informelle, a précisé que ce plan de croissance en 12 points serait soumis à l'approbation du gouvernement d'ici 15 jours.

Le programme comprend des mesures propices à attirer les investissements sur l'île, qui constitue déjà un important centre financier pour la région, dont des dégrèvements fiscaux pour les bénéfices des entreprises réinvestis sur place, de plus grandes facilités de paiement et de meilleurs taux d'intérêt sur les emprunts.

Au bord de la faillite, Chypre a obtenu le 25 mars un plan de sauvetage international de 10 milliards d'euros, au prix d'une fusion des deux principales banques du pays, qui comprend aussi une perte d'avoirs des gros épargnants.

Le prix à payer par Nicosie pour le renflouement de ses banques est très élevé. L'entente entre Chypre, le Fonds monétaire international (FMI) et l'Union européenne (UE) prévoit de protéger les dépôts assurés de la première banque au pays, la Banque de Chypre, mais conduit à la fermeture de la deuxième banque du pays, Popular Bank of Cyprus, dite Laïki.

Ainsi, les dépôts de moins de 100 000 euros dans cette banque seront transférés à la Banque de Chypre et ils seront garantis. Dans les deux établissements, les dépôts de plus de 100 000 euros, qui ne sont pas assurés suivant les règles de l'Union européenne, sont gelés et serviront en partie à financer le renflouement des banques. Un décret publié samedi a confirmé que les titulaires de ces comptes perdront autour de 60 % de leur épargne.

Toutefois, alors que plusieurs responsables avaient jusque-là parlé d'un gel de six mois, qui pourrait être fatal à de nombreuses entreprises, le porte-parole du gouvernement, Christos Stylianides a indiqué lundi que l'objectif des autorités était de libérer une portion de 40 % des dépôts dès mardi matin afin de revenir à un niveau normal d'activité économique.

Tourmente financière sur fond de scandales

Par ailleurs, Nicos Anastasiades a assuré lundi que l'enquête sur les scandales liés aux problèmes financiers de Chypre n'épargnerait personne, ni même sa propre famille.

Les médias chypriotes parlent ces derniers jours de transferts de sommes importantes depuis les deux principales banques chypriotes vers l'étranger, et ce, juste avant le début de la crise. Ces transferts auraient été effectués par des proches de M. Anastasiades, ainsi que par des proches d'autres personnalités politiques, dont son prédécesseur communiste Demetris Christofias, dont le mandat s'est achevé en février.

Le gouvernement a nommé la semaine dernière une commission d'enquête composée de trois anciens juges de la Cour suprême chargés de déterminer les responsables de la crise et de relever d'éventuels délits d'initiés ou du favoritisme. La commission doit aussi enquêter sur une liste, remise par la presse grecque, de personnalités politiques et de leurs proches auxquels les banques ont effacé des prêts pour un total se chiffrant en millions d'euros au cours des cinq dernières années.

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