Le rappeur Talib Kweli : au-delà des étiquettes

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TALIB KWELI
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Le réputé rappeur new-yorkais Talib Kweli sera sur les planches du Club Soda, vendredi soir. Tête d'affiche du Festival Hip Hop de Montréal, il viendra notamment proposer quelques pièces de son sixième album studio (solo) qui s'intitulera Prisoner of Conscious.

Bien connu pour sa collaboration au duo Black Star qu'il a formé avec Mos Def (aujourd'hui Yasiin Bey), Kweli aime raconter que c'est là que tout a commencé. D'ailleurs, ce dernier a repris une tournée de concerts à ses côtés. « That's cool. Tout va plutôt bien avec Yasiin. »

Rappelons que Black Star est né d'un mouvement underground à la fin des années 1990, une étiquette qui était attribuée au duo en bonne partie en raison de son travail avec le label indépendant Rawkus Records, basé à New York. L'album Mos Def & Talib Kweli Are Black Star a vu le jour à l'été 1998 et a reçu d'excellentes critiques, mais un succès commercial modéré. C'est néanmoins à cette période que Kweli donne forme à une nouvelle façon de « penser et de commercialiser » le rap alternatif. Un monde hip hop qui deviendra pour lui, pourrions-nous dire, plus consciencieux ou conscientisé. Un autre attribut qui lui colle la peau.

Au cours de sa carrière solo, qui dure maintenant depuis plus d'une dizaine d'années, Kweli est toujours, quelque part, associé à l'univers de la musique underground. « Tu sais, cette étiquette underground dont on parle reste encore aujourd'hui, en effet. Mais elle s'explique d'abord par mon association au monde de la musique indépendante à mes débuts. Je pense qu'elle me représente surtout au point de vue philosophique maintenant. J'aime plutôt qu'on m'associe à un courant indépendant. Mais ma musique n'a plus beaucoup à voir avec l'univers underground. Elle s'adresse à un public de plus en plus large. Et maintenant, les moyens dont je dispose sont bien plus imposants. »

« Chose certaine, j'ai grandi (Brooklyn, New York) dans un milieu où personne ne vous apportait un album sur un plateau d'argent. J'ai dû travailler très fort. Et cette idée de l'underground demeure quelque part ancrée en moi. Il n'y a pas mille façons d'arriver à réussir dans la musique. Les artistes doivent y mettre beaucoup d'énergie. »

Aucune difficulté à croire que Talib Kweli peut trimer dur. Les collaborations et les projets foisonnent, à commencer par l'éventuel disque autour de la carrière d'Aretha Franklin. Il y a aussi des mixtapes avec de multiples invités, une éventuelle participation à un spectacle le réunissant entre autres avec les humoristes Chris Rock puis Dave Chapelle, et bien entendu, son nouveau disque Prisoner of Conscious (Javotti Media/EMI/Capitol), à paraître le 7 mai.

La constance

« Je suis déjà venu à Montréal, notamment avec Mos Def. Cette fois, je viendrai avec un DJ - pour des raisons techniques sur lesquelles il ne veut pas trop s'étendre son band ne sera pas de la partie - pour offrir des pièces de Prisoner of Conscious et d'autres morceaux des albums précédents. Pour être honnête, je ne sais pas trop. Ça dépendra de la vibe. »

Questionné à savoir si la réception était favorable au sujet de cet album, il rétorque : « Je pense que les spectateurs évaluent toujours mon nouveau matériel. Ils sont prudents. De toute façon, c'est toujours le même processus. On réagit davantage à ce que l'on connaît, dont les bons succès qui ont marqué votre travail. L'accueil est partagé, je crois. Même mon équipe doit s'adapter [...] Prisoner of Conscious à quelques similitudes avec le dernier disque Gutter Rainbows, mais j'hésite à faire des comparaisons. Je ne suis pas le mieux placer pour évaluer tout ça. Je sais néanmoins que c'est dans la constance qu'on évalue la qualité d'un musicien. »

Talib Kweli n'est pas la saveur du mois ou le buzz de l'année comme la nouvelle recrue du milieu rap Kendrick Lamar (qui collabore d'ailleurs avec Kweli sur Prisoner of Conscious), que l'on s'arrache un peu partout aux États-Unis en ce moment. Par contre, ce rappeur fort respecté par ses pairs et les critiques en général est certainement un choix judicieux si l'on veut entendre une figure majeure du hip hop qui fait du bon boulot. Option d'autant plus justifiée que les organisateurs ont dû annuler le concert de l'autre grosse tête d'affiche de l'événement, le rappeur français Booba, pour des histoires de douanes.

Talib Kweli, au Club Soda, vendredi le 29 mars, dans le cadre du Festival Hip Hop de Montréal.

Koriass et CeasRock assureront la première partie.

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