BIEN-ÊTRE

"Les Experts", les vétérans qui ont laissé leurs empreintes dans l'univers télévisé

29/03/2013 04:01 EDT | Actualisé 29/05/2013 05:12 EDT

Treize ans que la brigade de la police scientifique de Las Vegas passe au peigne fin les scènes de crimes du Nevada. Pas de risque de chômage pour "Les Experts" qui reprendront du service le 2 avril sur TF1 pour une douzième saison.

Taches de sang, traces d'ADN, empreintes en tous genres... rien n'échappe à ces enquêteurs spécialisés dans les analyses scientifiques. L'idée de la série au concept novateur a germé dans l'esprit d'Anthony E. Zuiker dans les années 90. C'est sa femme qui la lui a soufflée après être tombée sur un documentaire de Discovery Channel sur les méthodes et techniques utilisées pour résoudre les crimes.

Après les refus successifs d'ABC, NBC et la Fox, la série voit finalement le jour le 6 octobre 2000 sur CBS.
Le succès est immédiat. Dès sa première saison, "Les experts" séduit 17,8 millions de téléspectateurs américains et intègre le haut du classement des séries les plus regardées à la télévision. Le drama prendra de l'ampleur au fur et à mesure des années. Il atteindra son apogée en 2005-2006 en réunissant une moyenne de 26,26 millions d'inconditionnels devant sa cinquième saison.

Le "CSI Syndrome" dans les cours de justice

A ce moment-là, "Les Experts" est au sommet des audiences aux États-Unis et dépasse même les frontières cathodiques. Sa vulgarisation des techniques de police scientifique et de la médecine légale créée auprès du public un véritable engouement qui va même s'engouffrer dans les tribunaux. Certains juristes et universitaires évoquent alors un "CSI syndrome", du nom de la série dans sa version originale ("CSI", pour Crime Scene Investigation).

Se pensant plus avertis, les jurés populaires se montrent plus que critiques vis-à-vis des preuves scientifiques présentées et plus difficiles à convaincre. La présentation leur semblerait moins spectaculaire qu'à la télévision. Une attitude qui aurait entraîné quelques acquittements à tort.
D'autres spécialistes relativisent cet effet, n'évoquant qu'un phénomène uniquement médiatique. Toutefois, il est intéressant de relever que l'état du Massachusetts autorise depuis les procureurs à se renseigner sur les goûts télévisés des jurés.

Un succès populaire mondial

L'intention de son créateur, Anthony E. Zuiker, et de son producteur, Jerry Bruckheimer, n'était pas celle-ci. Le tandem a apporté sa pierre à l'édifice dans l'univers des séries en proposant un show novateur dans lequel les enquêtes se mènent à coup de preuves scientifiques et donc irréfutables dans la tête des téléspectateurs, à l'inverse de certains enquêteurs se fiant à leurs instincts.

Une brèche dans laquelle se sont engouffrées plusieurs séries depuis. "NCIS", première série aux États-Unis qui a éclipsé "Les Experts", reprend en partie ce ressort. Diffusé sur la même chaîne, CBS, le drama a piqué également à son aîné l'esprit d'équipe. Les shows reposent désormais davantage sur plusieurs personnages et non plus sur un enquêteur solitaire. D'autres séries à succès comme "Bones" ou "Body of Proof" surfent également sur l'effet scientifique apporté par "Les Experts".

Le résultat n'a pas seulement conquis l'Amérique mais le monde entier. Depuis 2006, "Les Experts" est la série la plus regardée dans le monde. En 2011, 63 millions de téléspectateurs n'ont pas raté une miette des enquêtes à Las Vegas.

Et même si la série a perdu de son aura et un peu de public, elle demeure l'une des pièces majeures du catalogue de CBS. Pour preuve, la chaîne l'a renouvelée pour une quatorzième saison, attendue en septembre 2013 aux États-Unis.


ajd/sbs