OTTAWA - Le ministre des Affaires étrangères, John Baird, ne fait aucune promesse quant au renouvellement de l'aide de 300 millions $ versée par le Canada à la Palestine.

Ottawa s'était engagé à fournir cette somme sur une période de cinq ans, qui arrivera à échéance dimanche. Le ministre Baird a toutefois déclaré vouloir tout d'abord rencontrer des représentants de l'Autorité palestinienne avant de prendre une quelconque décision sur le renouvellement de cette enveloppe.

«Il y aura un dialogue afin de déterminer quelles sont les priorités», a-t-il déclaré jeudi, quelques heures avant de s'envoler pour une tournée diplomatique d'envergure au Moyen-Orient et dans le golfe Persique.

«Certains projets n'ont pas abouti, ce qui est normal. Nous nous engageons à les terminer», a poursuivi le ministre Baird.

M. Baird sera en Cisjordanie d'ici une dizaine de jours, dans le cadre d'une vaste tournée qui débutera en Jordanie ce week-end, pour ensuite faire plusieurs étapes aux Émirats arabes unis, au Qatar, au Bahreïn, à Chypre et en Israël. Il doit par ailleurs rencontrer le leader palestinien Mahmoud Abbas et le premier ministre Salam Fayyad.

Ottawa reconsidère son aide apportée à la région après que la Palestine eut obtenu, dans un vote historique à l'Assemblée générale des Nations unies en novembre dernier, le statut d'observateur non-membre de l'ONU.

Le Canada — de même que les États-Unis et sept autres pays, sur les 194 États membres — avait alors voté contre la motion pour la Palestine.

«Notre opinion est fondamentalement différente de celle de l'Autorité palestinienne. Et ils connaissent notre point de vue», a déclaré M. Baird.

«Mais je crois qu'il est extrêmement important, dans mon rôle, que j'engage un dialogue et je suis enthousiaste quant aux nombreuses séances de travail que j'aurai en Cisjordanie pendant mon séjour là-bas», a-t-il poursuivi.

L'aide versée par le Canada a servi au renforcement du système judiciaire palestinien, au développement du secteur économique privé, de même qu'aux programmes de santé et d'éducation.

«Nous avons fait beaucoup, avec les États-Unis, pour développer leur capacité de renforcement juridique et sécuritaire. Je pense que ces investissements sont parmi les meilleurs que nous ayons faits dans ce pays», a soutenu le ministre Baird.

Le gouvernement d'Israël a fait savoir plus tôt cette semaine qu'il recommencerait à transférer mensuellement les quelque 100 millions $ qu'il prélève en taxes pour l'Autorité palestinienne, qui peine ces jours-ci à rémunérer ses fonctionnaires. L'État hébreu a récemment suspendu ces transferts, après que les Palestiniens eurent obtenu leur statut onusien.