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Hydro-Québec affiche un résultat en hausse de 50 millions $ en 2012

28/03/2013 10:42 EDT | Actualisé 28/05/2013 05:12 EDT
CP

MONTRÉAL - Les façons de faire douteuses étalées au grand jour par la Commission Charbonneau n'ont pas cours chez Hydro-Québec s'il faut en croire son PDG, Thierry Vandal.

Jeudi, lors d'une conférence de presse tenue à Montréal pour commenter les résultats 2012 d'Hydro, M. Vandal a soutenu que les pratiques d'approvisionnement de la société d'État étaient «très sophistiquées», «très diversifiées» et «robustes».

Le dirigeant a expliqué que contrairement aux municipalités, Hydro-Québec ne procède pas par appels d'offres pour choisir les firmes d'ingénieurs qui travaillent sur ses projets.

Hydro négocie plutôt avec les firmes une grille tarifaire unique qui s'applique à l'ensemble des travaux commandés dans l'année. Et ce sont des ingénieurs de la société qui, en se fondant sur les expériences passées, choisissent les professionnels en fonction de leur savoir-faire précis et qui établissent le nombre approximatif d'heures de travail requises pour chaque contrat.

«On a jugé historiquement que pour Hydro-Québec, c'était important de conserver cette expertise-là à l'interne, a expliqué Thierry Vandal. On entend bien maintenir cette expertise-là, parce que ça nous permet d'être un meilleur acheteur de services professionnels et un meilleur gestionnaire de grands projets.»

Le mois dernier, M. Vandal a pourtant admis que des enquêteurs de l'Unité permanente anticorruption (UPAC) sont débarqués chez Hydro afin d'en savoir plus sur des contrats octroyés de gré à gré pour le gigantesque chantier du complexe hydroélectrique La Romaine, sur la Côte-Nord. De façon générale, peu de détails sont rendus publics au sujet des contrats accordés par la société d'État.

Le PDG a précisé jeudi que les représentants de l'UPAC et d'Hydro-Québec avaient «échangé» dans «un contexte préventif» sur les pratiques d'approvisionnement de la société, lesquelles peuvent varier d'une région à l'autre.

Thierry Vandal a affirmé qu'il n'y a pas lieu pour l'instant de revoir les politiques d'Hydro dans ce domaine. «S'il y a des informations qui deviennent disponibles et qui suggèrent qu'on peut continuer à s'améliorer, on va le faire», a-t-il néanmoins promis.

Hydro-Québec se félicite de sa capacité à terminer ses grands chantiers, y compris celui de l'Eastmain-1-A—Sarcelle—Rupert, une affaire de 5 milliards $, en respectant les échéanciers et les budgets prévus, ce qui contraste avec plusieurs projets gouvernementaux et municipaux.

«On pense qu'on a de très bonnes pratiques et si elles peuvent en inspirer d'autres, on est bien sûr prêts à les partager», a offert M. Vandal.

Gentilly-2

Hydro et le gouvernement ont toutefois sous-estimé de 71 millions $ la perte découlant de la décision de fermer la centrale nucléaire Gentilly-2, qui s'est finalement chiffrée à 1,88 milliard $ pour l'exercice 2012.

La direction de la société d'État ne s'attend pas à ce que de nouvelles pertes liées à Gentilly-2 viennent entacher les résultats de façon significative au cours des prochaines années. La raison en est simple: Québec a opté pour un démantèlement étalé sur plusieurs décennies afin de permettre au niveau de radioactivité de diminuer. Les travaux les plus importants ne seront donc pas réalisés de sitôt.

«L'incertitude pourrait survenir dans 40 ou 50 ans, sur les coûts finaux pour démanteler la centrale», a estimé Thierry Vandal.

Résultats

La perte causée par Gentilly-2 a évidemment grevé les résultats d'Hydro en 2012. Les profits nets ont atteint 860 millions $, en baisse de 67,1 pour cent par rapport aux 2,6 milliards $ dégagés en 2011. Le dividende versé à l'État s'est chiffré à 645 millions $, contre 1,96 milliard $ en 2011.

La société a de plus souffert de la baisse de la consommation industrielle et résidentielle au Québec, de l'obligation qu'elle a eu d'acheter les surplus hydroélectriques de Rio Tinto Alcan en raison du lock-out décrété par le producteur d'aluminium et de l'augmentation des pertes liées aux contrats spéciaux conclus avec certains grands clients industriels.

La hausse des volumes d'électricité vendus hors Québec et la réduction de 54 millions $ des charges d'exploitation ont toutefois permis à Hydro d'améliorer ses résultats annuels si l'on exclut l'effet de la fermeture de Gentilly-2.

Le chiffre d'affaires a atteint 12,2 milliards $, en baisse de 0,1 pour cent.

Au quatrième trimestre, les profits nets se sont chiffrés à 595 millions $, en hausse de 59 pour cent par rapport aux 374 millions $ engrangés pendant la même période de 2011. Les revenus ont crû de 3,5 pour cent pour atteindre 3,22 milliards $.

En 2012, la rémunération totale de Thierry Vandal s'est établie à 558 149 $, en hausse de 5,9 pour cent. La haute direction d'Hydro n'est pas visée par la politique de gel des bonis instaurée par le gouvernement.

Pour son exercice 2013-14, le gouvernement a demandé à Hydro de dégager un bénéfice net de 2,725 milliards $. Le respect de la commande sera facilité du fait que l'hiver qui vient de se terminer a été à peu près normal, a noté M. Vandal.

Conformément au souhait de Québec, la société d'État prévoit se départir d'environ 1000 employés cette année, ce qui s'ajoutera aux 900 départs de 2012.

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