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Les enfants de Sonia Blanchette ont-ils échappé à la vigilance des tribunaux?

28/03/2013 05:02 EDT | Actualisé 27/05/2013 05:12 EDT
CP

Le dossier de Sonia Blanchette, accusée du meurtre de ses trois enfants, sera examiné de nouveau au palais de justice de Drummondville le 21 juin afin de fixer la date de l'enquête préliminaire.

La journaliste Pasquale Turbide, de l'émission Enquête, s'est penchée sur cette histoire, et notamment sur les mesures de protection dont bénéficiaient ses enfants.

Le père de Lorélie, Loïc et Anaïs, Patrick Desautels, partageait la garde des enfants avec Sonia Blanchette, qui l'empêchait régulièrement de les voir. En janvier 2011, elle est partie en Gaspésie avec les enfants sans l'avertir et sans laisser d'adresse. Ne sachant plus vers qui se tourner, il a contacté la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ). « Je ne peux pas déposer une requête pour outrage au tribunal, on ne sait pas où elle est. Ça va donner quoi? Absolument rien. La police ne peut rien faire, puis la DPJ m'a dit qu'elle ne pouvait rien faire. Au bout de la ligne, tout ce que j'ai à faire, moi, c'est me morfondre chez nous, puis attendre », explique Patrick Désautels.

La DPJ n'a pas retenu son signalement, parce qu'il ne pouvait pas affirmer avec certitude que ses enfants étaient en danger. Six semaines plus tard, lorsque Sonia Blanchette est revenue de Gaspésie, elle a conservé la garde partagée.

Alain Roy, professeur de droit de la famille à l'Université de Montréal, en est surpris. « Est-ce que c'est un comportement normal de se pousser avec ses enfants? Est-ce que c'est un comportement standard? Est-ce qu'il n'y aurait pas là matière à réflexion de manière à ce qu'on allume une lumière rouge quand la combinaison rupture conjugale et enlèvement et isolement de l'enfant survient? »

À la fin de 2011, à la suite d'un autre incident, Sonia Blanchette est formellement accusée de kidnapping et perd la garde des enfants. Lorsqu'elle leur rend visite à la Maison de la famille Drummond, elle est supervisée de près par des professionnels.

Après quelques mois, un juge de la Cour supérieure lui accorde le droit de les voir chez elle, sous la supervision de sa propre mère. Le juge n'a pas rencontré la grand-mère et celle-ci nous a confirmé n'avoir reçu aucune instruction sur la manière d'encadrer les visites.

Le professeur Alain Roy estime que cette façon de faire est loin d'être idéale. « C'est une responsabilité qu'on leur donne et ils sont lancés comme ça dans la nature. Ça m'apparaît extrêmement problématique. Il faudrait qu'il y ait un processus un peu plus serré de manière à ce que les membres de la famille qui sont désignés reçoivent au moins une formation. »

Le 2 décembre 2012, les enfants ont été retrouvés morts par leur grand-mère, qui avait quitté l'appartement à la demande de sa fille. L'avocate Sylvie Schirm croit que le drame de Drummondville fera réfléchir les juges. « Je suis certaine qu'après cet incident-là, les juges qui entendent ces causes-là vont vouloir avoir une certaine assurance et peut-être rencontrer les gens qui doivent faire de la supervision. »

Il n'existe actuellement aucune balise pour encadrer les supervisions familiales ordonnées par la Cour supérieure.

Le reportage de Pasquale Turbide à l'émission Enquête sera diffusé ce soir à 21 h.