Huffpost Canada Quebec qc

Des enfants innus trouvés seuls en train d'inhaler des vapeurs d'essence

Publication: Mis à jour:
INNUS
Alamy

NATUASHISH, T.-N.-L. - Un chef innu du Labrador a surpris sept enfants en train d'inhaler des vapeurs d'essence dans une maison où se trouvaient plusieurs armes à feu, des munitions, des briquets — mais aucun adulte.

Le chef Simon Tshakapesh, de la réserve isolée de Natuashish, sur la mer du Labrador, a fait la sinistre découverte mercredi. Il a avoué que de plus en plus d'enfants étaient laissés à eux-mêmes dans sa communauté.

Parmi les sept enfants qu'il a surpris, un garçon de neuf ans avait été laissé seul pendant quatre jours. Les autres enfants étaient tous âgés de 12 ans ou moins.

«C'est dégoûtant», a-t-il lancé en entrevue jeudi. «Il y avait de très jeunes enfants assis sur un canapé, et des ordures partout».

Il y a 10 ans, les 600 résidents de Davis Inlet avaient été déplacés à Natuashish, plus au sud, après qu'une vidéo d'enfants inhalant des vapeurs d'essence dans cette communauté eut défrayé les manchettes partout sur la planète.

Les policiers de la Gendarmerie royale du Canada qui ont répondu à l'appel cette semaine à Natuashish ont indiqué qu'ils avaient découvert deux armes à feu non sécurisées, des munitions et plusieurs briquets sur les lieux, mais qu'aucun adulte n'était sur place.

La plupart des parents des enfants n'ont pu être localisés par la police. Les jeunes ont été emmenés ailleurs pour la nuit.

La GRC locale n'a pu être jointe pour commenter davantage la situation, jeudi.

Le chef Tshakapesh s'est rendu à la résidence avec un intervenant en santé mentale après avoir reçu une plainte d'un résident qui l'a informé que les enfants titubaient et vomissaient après avoir inhalé les vapeurs d'essence.

En septembre dernier, la police a sonné l'alarme face à une recrudescence de cette pratique dans la communauté, et indiqué que le fléau touchait même des enfants âgés de sept ans seulement.

Officiellement, la communauté de Natuashish est une communauté «sèche»: l'alcool y a été banni lors d'un vote qui a reçu l'appui de la plupart des résidants en 2010. Mais selon le chef, la contrebande d'alcool y demeure un problème persistant.

«Il n'y a pas assez de monde pour faire des recherches et des saisies. C'est difficile à appliquer», a expliqué le chef Tshakapesh.

Il a ajouté que les enfants de sa communauté étaient laissés seuls pendant que leurs parents allaient s'enivrer, parfois dans d'autres communautés et pendant plusieurs jours.

«Ça me rend triste et ça me frustre. Il faut que ça s'arrête à quelque part», a-t-il laissé tomber.