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Moscou accentue la pression sur les ONG

27/03/2013 08:57 EDT | Actualisé 27/05/2013 05:12 EDT

La police russe a investi mercredi les bureaux de l'organisme international Human Rights Watch dans le cadre d'une controversée campagne de « vérification » des ONG.

Selon la directrice de Human Rights Watch pour l'Europe et l'Asie centrale, Rachel Denber, des enquêteurs de la justice russe et un contrôleur du fisc ont procédé mercredi à une inspection surprise dans les locaux de l'organisme, dont le siège social est basé à New York.

Les bureaux des ONG Civic Assistance, Transparency International et Agora, toutes des organisations de défense des droits de la personne, ont également été contrôlées mercredi, selon Mme Denber.

Des dizaines d'organismes « contrôlés »

L'organisme Memorial, ainsi que l'antenne moscovite d'Amnistie Internationale ont aussi été « vérifiés » la semaine dernière.

Une centaine d'organisations non gouvernementales aux activités diverses (droits de la personne, défense des homosexuels, écologie) ont été visées jusqu'ici en Russie par ces vérifications.

« Cela s'inscrit dans le cadre d'une vague énorme et sans précédent d'inspections d'ONG en Russie, qui accentue la pression sur la société civile à la suite de l'adoption l'an passé d'une série de lois restrictives sur le plan des libertés », a expliqué la responsable de HRW à l'Agence France-Presse.

Sur son site Facebook, l'organisme Memorial écrit que les inspecteurs russes ont été jusqu'à exiger les carnets de vaccination contre la rougeole du personnel du bureau ainsi que les certificats de dératisation de leurs locaux.

Les lois restrictives dont parle Rachel Denber sont entrées en vigueur à la fin de l'année 2012, quelques mois à peine après le retour de Vladimir Poutine à la présidence du pays.

Des « agents étrangers » 

En vertu de l'une de ces lois, toutes les ONG qui opèrent en Russie à partir de fonds étrangers doivent être inscrites dans un registre « d'agents étrangers » et se présenter sous ce nom dans toutes leurs activités publiques.

Le titre « d'agent étranger » est d'autant plus mal reçu par les ONG, car c'est par ce terme qu'on désignait les ennemis du peuple sous l'ère stalinienne.

Préoccupation dans la communauté internationale

Cette campagne de vérification des ONG préoccupe plusieurs pays ainsi que les autorités de l'Union européenne.

« Ces actes, qui s'ajoutent à la récente série de lois restreignant les libertés civiles de la population russe, à l'accroissement de poursuites visant des militants, aux procès politiques, ainsi qu'à l'absence de réactions dans certaines affaires de violation des droits de l'homme, constituent une évolution profondément troublante », a déclaré la responsable des Affaires étrangères de l'UE, Catherine Ashton.

La France a aussi demandé mercredi à l'ambassade de Russie à Paris de fournir des explications sur la campagne de vérification lancée par Moscou à l'encontre de plusieurs organisations, dont les Alliances françaises.

L'Allemagne a aussi convoqué mardi le personnel diplomatique russe à Berlin pour obtenir des explications et exprimer ses inquiétudes.

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