POLITIQUE

Rosaire Sauriol quitte la vice-présidence de Dessau

25/03/2013 04:15 EDT | Actualisé 25/05/2013 05:12 EDT
Radio-Canada.ca

Moins d'une semaine après son témoignage à la commission Charbonneau, le vice-président de la firme Dessau, Rosaire Sauriol, annonce qu'il démissionne du poste qu'il occupait au sein de l'entreprise depuis 1986.

« Cette démission prend effet immédiatement », a indiqué lundi la firme de génie, tout en soulignant les efforts réalisés par M. Sauriol depuis 2009 afin de corriger une situation qu'elle a jugée « inacceptable », « notamment en modifiant ses pratiques d'affaires et en renforçant (...) son code d'éthique ».

Rosaire Sauriol a déclaré la semaine dernière que, dans les années 2000, sa firme avait fait partie d'un cartel de firmes de génie-conseil à Longueuil comprenant, outre Dessau, SNC-Lavalin, CIMA, Genivar et SM.

« On est coupable, on l'a fait, et je ne demande pas d'excuses », a-t-il affirmé devant la Commission d'enquête sur l'octroi et la gestion des contrats publics dans l'industrie de la construction (CEIC).

La commission a également établi que des cadres et des employés de la firme de génie-conseil avaient versé près de 1 million de dollars aux deux grands partis provinciaux - Parti québécois et Parti libéral du Québec - entre 1998 et 2010. Dessau « n'avait pas de pression, n'était pas obligée de le faire, mais c'était une pratique courante », a confié M. Sauriol.

Rosaire Sauriol est le fils de Paul-Aimé, qui a cofondé Dessau avec Jean-Paul Desjardins en 1957. Dessau est la 6e firme d'ingénierie du Canada et se situe parmi les 60 plus importantes du monde. L'entreprise possède des bureaux en Algérie, au Chili, en Colombie, au Costa Rica et au Pérou.

Rosaire Sauriol a déclaré avoir fait pour deux millions de dollars de fausse facturation afin de contribuer financièrement aux partis politiques. Les employés qui faisaient des dons étaient ensuite remboursés par l'entreprise.

Il a admis que, durant la période où sa firme faisait du financement politique illégal et participait à un système de collusion à Montréal, l'entreprise n'avait jamais craint de voir ses pratiques démasquées par les autorités.

M. Sauriol a d'ailleurs souligné qu'avant que sa firme cesse ces pratiques sous la pression des enquêtes journalistiques et policières, elle ne s'était jamais informée des sanctions encourues. Cela n'a été fait qu'à partir de 2010, lorsque Dessau a décidé de tout cesser et de dénoncer sa pratique de fausse facturation aux autorités fiscales dans le cadre d'un processus de divulgation volontaire.

Au cours de son témoignage, Rosaire Sauriol a aussi été interrogé sur les deux rencontres qu'il a eues avec l'ex-ministre libérale Line Beauchamp au club privé 357c, l'une en février 2007, tout juste après le déclenchement d'élections provinciales, l'autre en mai de la même année, après la réélection des libéraux.

Robert Marcil quitte le Groupe SM

Le Groupe SM a pour sa part annoncé la démission de l'ingénieur Robert Marcil, l'ex-directeur des travaux publics à la Ville de Montréal, « pour des raisons personnelles ».

Dans un communiqué, la firme précise qu'« à la suite d'une rencontre, les deux parties se sont entendues sur les modalités relatives à ce départ. Il a été convenu que ces modalités demeureront confidentielles ».

Lors de son témoignage à la commission Charbonneau, Robert Marcil a maintenu qu'il ignorait tout de la collusion et de la corruption qui gangrénaient l'octroi et la gestion des contrats de construction de Montréal. Il entretenait pourtant d'étroites relations avec tous les acteurs clés qui usaient de ces stratagèmes illégaux dans les années 2000.

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