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Québec uniformise les ordonnances collectives

25/03/2013 01:50 EDT | Actualisé 24/05/2013 05:12 EDT

Des milliers de Québécois atteints de maladies chroniques pourront, sans l'intervention de leur médecin, renouveler leurs ordonnances.

Le ministre québécois de la Santé et des Services sociaux, Réjean Hébert, uniformise donc les ordonnances collectives et en confie la surveillance à l'Institut national d'excellence en santé et services sociaux (INESSS).

Les professionnels de la santé pourront, à compter du 15 avril, se procurer le modèle d'ordonnance sur le site Internet de l'INESSS. Ces ordonnances permettront aux infirmières d'assurer le suivi de la médication de patients atteints des maladies chroniques suivantes :

  • L'hypertension artérielle
  • Le diabète
  • Les affections demandant l'usage de l'anticoagulothérapie
  • La dyslipidémie

Le ministre Hébert, de même que ses quatre partenaires dans le dossier des ordonnances collectives, assure que le nouveau procédé permettra d'accroître l'accessibilité au système de santé. « Le déploiement d'une première ligne de soins forte et accessible pour tous est l'une des grandes priorités de notre gouvernement, a indiqué M. Hébert. Parmi les actions que nous privilégions pour y arriver se trouve notamment la valorisation des pratiques collaboratives, sur lesquelles s'appuient justement les ordonnances collectives. »

Le diagnostic appartient au médecin

Les médecins devront toujours diagnostiquer la maladie et émettre l'ordonnance collective, mais elle pourra être ajustée par les infirmières qui suivent le patient, explique le président du Collège des médecins, Charles Bernard. La prise en charge de l'ajustement de ces ordonnances permettra aux médecins d'accorder plus de temps au traitement d'autres patients.

La présidente-directrice générale de l'Ordre des infirmières et des infirmiers du Québec, Lucie Tremblay, précise que l'uniformisation de l'ordonnance collective permettra d'épargner du temps en ce qui touche l'élaboration de plusieurs types d'ordonnances, comme ça se fait actuellement dans plusieurs groupes de médecine familiale.

« Afin d'offrir la meilleure prise en charge de la clientèle présentant une condition chronique, l'ordonnance collective représente un des outils de l'infirmière. Dans un contexte de collaboration entre l'infirmière, le médecin et le pharmacien, les nouvelles ordonnances collectives amélioreront l'accès aux soins pour un grand nombre de clients puisque les situations cliniques visées sont parmi les plus fréquentes dans la population », souligne Mme remblay.

« Les citoyens du Québec ont besoin que tous les professionnels de la santé soient davantage mis à contribution et travaillent en interdisciplinarité pour le bien-être du patient , soutient la présidente de l'Ordre des pharmaciens du Québec, Diane Lamarre. Ces nouvelles ordonnances collectives nationales favoriseront une collaboration plus étroite, un suivi plus simple et un partage plus fluide d'informations entre médecins, infirmières et pharmaciens. »

Des ordonnances contagieuses

Le ministre Hébert s'est félicité de l'aboutissement de quelque 10 ans de travail pour en arriver au consensus sur les ordonnances collectives. Il estime que le changement de culture nécessaire à l'instauration des ordonnances collectives explique la longueur des discussions pour en arriver à une entente. « On est passé d'une culture où le médecin était le seul à pouvoir prescrire des médicaments à une culture plus interprofessionnelle. »

« Maintenant qu'on a fait la route, on peut utiliser notre véhicule. C'est plus facile que de défricher une route dans la forêt , explique M. Hébert. Maintenant qu'on a une structure, je pense que ce sera beaucoup plus facile de réaliser les ordonnances plus rapidement. » Les maladies pulmonaires obstructives chroniques et les infections transmises sexuellement (ITS) pourraient être les prochaines maladies qu'on traitera selon le principe des ordonnances collectives.

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