POLITIQUE

Projet St-Laurent: François Legault propose une corvée nationale pour décontaminer les terrains

24/03/2013 12:06 EDT | Actualisé 24/05/2013 05:12 EDT
PC

BOUCHERVILLE, Qc - François Legault veut lancer «une grande corvée nationale» pour décontaminer au cours de la prochaine décennie les terrains pollués sur les rives du fleuve St-Laurent.

Ce grand nettoyage des terres est nécessaire pour y aménager de nouveaux «milieux de vie» propices au développement d'entreprises à haute valeur ajoutée, a fait valoir le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ), dimanche, au terme du conseil général de son parti à Boucherville.

«Ce que je propose, c'est de lancer une grande corvée nationale dont le premier objectif serait de se réapproprier les terrains contaminés puis de mettre à profit ces espaces dans le cadre d'une politique moderne d'aménagement du territoire, ancrée dans la vallée du Saint-Laurent», a déclaré M. Legault dans son discours de clôture devant plus de 400 militants enthousiastes.

Pierre angulaire du «Projet Saint-Laurent» annoncé la veille, la décontamination des terrains «va coûter cher», a convenu le leader caquiste, refusant néanmoins de chiffrer ce qu'il en coûterait aux contribuables.

Il s'agit d'un investissement pour l'État, s'est limité à dire M. Legault, ajoutant que des partenariats avec le secteur privé «sont aussi possibles» pour éponger les coûts.

«Je suis certain qu'on récupérera bien plus que notre mise lorsque de grands projets seront lancés dans ces espaces (décontaminés)», a-t-il assuré.

Une fois les terrains décontaminés, des «zones d'innovation» seraient aménagées pour les entreprises tout au long de la vallée du Saint-Laurent avec, dans le voisinage, des installations «modernes», des parcs et des garderies.

«C'est ça que les entreprises innovatrices cherchent, a affirmé M. Legault. C'est en développant des milieux de vie attirants qu'on va convaincre des entreprises de venir ici, d'investir et de développer des projets ici».

La tâche s'annonce gigantesque et les coûts élevés. Dans la seule région de la Rive-Sud, il y a plus de 500 terrains contaminés. Dans l'Est de la métropole, la décontamination des terrains vacants coûterait entre 350 millions et 550 millions $, selon une étude de la Chambre de commerce et d'industrie de l'Est de l'île de Montréal.

La CAQ veut récupérer une somme de 2 milliards de dollars par année provenant de mesures fiscales pour soutenir des entreprises à prendre racine dans la vallée du Saint-Laurent. Mais l'opération ne peut réussir que si l'environnement offert au promoteur est attrayant, a soutenu M. Legault.

«Pour attirer des investissements, il faut que la ville soit 'hot', qu'elle soit belle. Quand on va devant le port de Montréal, c'est pas beau», a-t-il noté.

A la décontamination des rives du fleuve, le leader de la CAQ ajoute la dépollution du fleuve lui-même à des fins de développement récréotouristique. Des villes comme Boston, Barcelone, Sydney et San Francisco ont toutes misé ces dernières années sur l'accès aux rives, a rappelé M. Legault.

Sur un plan plus large, la CAQ rêve de faire du Québec «une des destinations touristiques les plus courues dans le monde» d'ici 2020.

«Pourquoi ne pas imaginer une expédition le long du Chemin du Roy, de Québec-la-romantique à Montréal-la-branchée en passant par Trois-Rivières, une ville chargée d'histoire et de patrimoine?», a illustré M. Legault.

Mais dépolluer le fleuve ne signifie pas renoncer à y exploiter les ressources pétrolières. La CAQ plaide pour l'exploitation des gisements Old Harry et de l'île d'Anticosti et propose que le Québec prenne une participation pouvant aller jusqu'à 50 pour cent dans les projets majeurs.

A cet égard, la population ne peut rien espérer du gouvernement Marois, selon le chef de la CAQ.

«Le gouvernement est enlisé. Son caucus est pris en otage par le clan de ceux qui sont contre tout développement», a-t-il dit.