POLITIQUE

5e débat du PLC samedi à Montréal: plus que 6 candidats à la chefferie (VIDÉOS)

23/03/2013 06:09 EDT | Actualisé 23/05/2013 05:12 EDT

MONTRÉAL - Justin Trudeau a tenté de se distancer des précédents gouvernements, même libéraux, en matière constitutionnelle lors du cinquième et dernier débat de la course à la direction du Parti libéral du Canada (PLC) qui s'est déroulé au Palais des congrès de Montréal, samedi.

Celui est qui considéré comme le grand favori de la course a affirmé, lors de son discours final, que «depuis trop longtemps, on essaie d'acheter le Québec plutôt que d'impliquer le Québec à bâtir l'avenir le Canada, d'aider à bâtir un pays prospère, fort, uni». M. Trudeau en a aussi profité pour inviter les Québécois à venir participer aux débats se déroulant sur la scène fédérale, déplorant qu'ils «se tiennent trop à l'écart».

Le député de Papineau n'avait guère le choix de se reprendre de cette façon. Quelques minutes plus tôt, il avait paru décontenancé devant les attaques de son adversaire Martin Cauchon sur la question constitutionnelle.

M. Cauchon a tenté de s'imposer, enlevant un peu du lustre à l'assurance de M. Trudeau. Il est presque parvenu à le réduire au silence sur la place que doit occuper le Québec dans le Canada au cours de leur face-à-face sur la question.

Dans cet échange, Martin Cauchon n'a laissé que bien peu d'espace à Justin Trudeau, qui, lui, plaidait pour la fin d'une «chicane» qui a trop duré.

Dans l'ensemble, ce sont des débats plutôt ternes auxquels se sont livrés les six candidats, deux hommes et quatre femmes. Sur plusieurs points, les avis étaient largement partagés, de sorte que les tirades ou les joutes oratoires n'ont tout simplement pas eu lieu. En tout temps, le ton est demeuré poli, courtois et sans grandes envolées.

Côté féminin, même si elles tirent de l'arrière, la présence des candidates n'est pas dépourvue d'intérêt. Martha Hall Findlay, Karen McCrimmon qui s'en est d'ailleurs bien tirée en français et Deborah Coyne ont su argumenter et certainement pu gagner des points au sein même du parti. Plusieurs de ces femmes, méconnues du public, ont ainsi pu émerger des autres députés et ainsi se révéler.

Étonnamment par contre, certaines d'entre elles, moins ambitieuses mais plus réalistes, ne visent pas la première place à la course à la chefferie. En quittant les débats, Mme Coyne a d'ailleurs reconnu aux journalistes qu'elle n'était pas là pour gagner.

«Je suis là pour passer un message: un Canada pour tous les Canadiens. Une course au leadership est un lieu pour discuter des idées de fonds. Je suis réaliste, je ne vais pas gagner, mais il y a une vision que je veux défendre», a-t-elle soutenu.

Collaboration entre forces progressistes

La sortie de la chef du Parti vert du Canada, Elizabeth May — dont la formation a décidé de ne pas présenter de candidat à l'élection partielle dans la circonscription de Labrador afin de rallier le vote progressiste derrière le candidat du PLC — a par ailleurs alimenté les discussions entre les aspirants à la direction.

Il n'en fallait pas plus pour que les débats entourant une éventuelle collaboration entre le PLC et d'autres partis politiques ne s'enflamment.

La stratégie préconisée par Mme May implique l'une des candidates à la direction du parti, Joyce Murray, la seule parmi les concurrents à caresser l'idée de conclure une entente ponctuelle entre partis progressistes afin de battre les conservateurs de Stephen Harper aux élections de 2015.

Mme Murray ne s'en est pas cachée, et s'est félicitée d'avoir réussi à convaincre Elizabeth May de ne pas présenter de candidat dans la circonscription de Labrador, où une élection partielle aura lieu en raison du départ du conservateur Peter Penashue, qui a démissionné du cabinet Harper pour des raisons éthiques.

«Je suis la voix de ceux qui croient que l'ancienne façon de faire de la politique et que l'actuel mode de scrutin ne leur permet pas de se faire entendre», a lancé la députée de la circonscription de Vancouver Quadra, en Colombie-Britannique.

«Et je suis heureuse qu'au Labrador, la majorité aura un député progressiste la prochaine fois grâce à ces discussions», a-t-elle poursuivi.

Justin Trudeau a accueilli favorablement la décision du Parti vert, tout en affichant son dédain face à la suggestion de Mme Murray.

«J'encourage tous les membres du Parti vert à voter pour le Parti libéral, dans Labrador et dans tout le pays», a-t-il déclaré devant le millier de sympathisants libéraux présents.

Le Parti vert du Canada a exhorté samedi le Nouveau Parti démocratique (NPD) à ne pas présenter de candidat non plus dans cette circonscription.

En 2011, le candidat libéral Todd Russell était arrivé en deuxième position dans cette circonscription, avec un retard de 79 voix sur Peter Penashue. Le candidat vert, George Barrett, était arrivé en dernière place, ayant obtenu 139 votes. Le représentant néo-démocrate, Jacob Larkin, avait reçu l'appui de 2120 électeurs.

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