«Mon meilleur ami», à Séries+ : quand la vie bascule...

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MON MEILLEUR AMI
Courtoisie

On s’est tous déjà demandé comment on réagirait si ça nous arrivait : un accident bête qui nous laisserait des séquelles permanentes, voire nous condamnerait à la paralysie à vie. Accepterions-nous sereinement l’épreuve? Aurait-on envie de mourir? Et comment nos proches composeraient-ils avec ce revers du destin?

C’est autour de cette réflexion que s’articule la nouvelle minisérie dramatique de Séries+, Mon meilleur ami. Écrite par Benoît Chartier (Dans une galaxie près de chez vous) et réalisée par Francis Leclerc (Apparences, Nos Étés), la fiction de cinq épisodes compte sur une distribution de très grande qualité (Claude Legault, David La Haye, Catherine Sénart, Louise Laparé, Jean-Nicolas Verreault, Louisette Dussault, Mélissa Désormeaux-Poulin) et sera présentée à compter du mercredi 27 mars prochain, à 20h.

Alex (Claude Legault) est un homme privilégié, choyé. Très amoureux de son épouse, la belle Maryse (Catherine Sénart), une entrepreneure en graphisme, il est papa de deux charmants enfants, qui voient en lui le plus puissant des super-héros. Dynamique et sportif, le jeune quadragénaire est aussi animé par un profond sens des valeurs et s’adonne régulièrement au bénévolat afin d’aider les moins nantis. Bref, tout le monde l’aime et son ciel est sans nuages.

Alex a de surcroît la chance de vivre, depuis l’adolescence, une grande amitié avec Simon (David LaHaye). Ensemble, les deux complices ont mis sur pied une boîte d’architectes et se complètent admirablement, au travail comme dans la vie. Ils pratiquent aussi l’escalade et s’entraînent ardemment en vue de réaliser un de leurs rêves communs, soit celui de grimper une paroi légendaire du parc Yosemite, en Californie.

Prisonnier de son corps

Or, la bulle de bonheur de tout ce beau monde éclatera violemment lorsqu’Alex effectuera une grave chute lors d’un échauffement d’escalade. Le diagnostic du médecin sera alors cruel et sans appel : le blessé demeurera tétraplégique (paralysé des quatre membres) et confiné à un fauteuil roulant jusqu’à la fin de ses jours. Pour cet hyperactif qui adorait jouer avec ses petits et qui accumulait les projets, le choc est terrible. Si, au début, Alex ne réalise pas nécessairement l’ampleur du drame qui s’abat sur lui et arrive même à rire de sa condition, il comprendra au fil des jours que son quotidien ne sera plus jamais le même.

On assistera alors à la descente aux enfers du personnage, qui traversera toutes les étapes de ce deuil monumental. Prisonnier de son corps, Alex criera sa colère et son incompréhension, demandera à Simon de l’aider à mourir, refusera que ses enfants le voient dans cet état, et deviendra vite insupportable pour ses proches. Rongé par la culpabilité, parce qu’il est en partie responsable de l’accident, et aussi parce qu’il s’apprêtait, avant le triste événement, à annoncer à Alex qu’il voulait rompre leur association professionnelle, Simon se dévouera de tout son être pour assister son ami et lui alléger l’existence. Il s’impliquera d’ailleurs peut-être un peu trop au goût de ce dernier…

Jeu efficace, rythme lent

À lui seul, le jeu de Claude Legault mérite que vous syntonisiez Séries+ au moment de la diffusion de la série. Criant de vérité, l’acteur parvient à nous transmettre toute la gamme d’émotions ressenties par Alex, sa douleur, sa détresse, et ce, par la seule force de son regard. Lorsqu’il hurle sa honte de devoir « se faire torcher » et de ne plus pouvoir vivre une sexualité normale, on se crispe devant la seule perspective qu’elle telle tragédie pourrait aussi nous arriver. Certains personnages secondaires sont aussi fort intéressants, comme la mère d’Alex, Micheline (Louisette Dussault), une femme égocentrique à outrance, et Hélène (Kathleen Fortin), une infirmière lucide et compréhensive qui prodiguera de très bons conseils à Alex.

La seule faiblesse de Mon meilleur ami ? Son rythme plutôt lent. On aurait pu resserrer davantage l’intrigue, qui s’étire un peu dans les trois premiers épisodes et se conclut dans un sprint vertigineux dans les deux derniers. Le nœud de l’action, soit la place de plus en plus grande qu’occupera Simon dans l’univers d’Alex, se déploie un peu trop tard, et les téléspectateurs impatients risquent de zapper avant d’y arriver. Mais on a quand même ici un produit de grande qualité, tissé tout en finesse et en sensibilité.

Mon meilleur ami sera rediffusé le samedi, à 19h.

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