Ottawa maintient la ligne dure pour atteindre l'équilibre budgétaire (VIDÉO)

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OTTAWA _ Ottawa maintient la ligne dure avec un budget austère tout en faisant un acte de foi: malgré des revenus plus bas et un déficit plus important que prévu, il maintient à tout prix son objectif d'atteindre l'équilibre budgétaire en 2015, à temps pour les prochaines élections.

Et pour y arriver, le gouvernement Harper continue son régime minceur, avec un budget 2013 qui s'inscrit dans la continuité du dernier.

Dans ce but, il y a peu de nouvelles dépenses, les plus importantes étant au niveau de l'infrastructure, avec quelque 47 milliards $ en nouveaux fonds fédéraux étalés sur 10 ans.

De fait, le gouvernement prévoit même réduire le total de ses dépenses gouvernementales de 4 milliards $. Tel que promis, Ottawa ne touche pas aux transferts aux provinces et n'augmente pas les impôts.

Et même si les nouvelles coupes se font plutôt discrètes, l'effet des compressions majeures du budget 2012 continuent à se faire sentir. L'an dernier, le gouvernement avait imposé des coupes de 5,2 milliards $ dans tous les ministères et agences. Celles-ci devraient permettre de dégager 500 millions $ pour l'année financière actuelle.

Le but à peine voilé du gouvernement conservateur est de pouvoir se vanter d'avoir assaini les finances de l'État alors qu'il cherchera à se faire élire

à nouveau pour diriger le pays en 2015.

Mais la tâche n'est pas mince.

Cette année, le ministre des Finances, Jim Flaherty, doit aussi composer avec 21 milliards $ de revenus en moins, en raison de l'économie qui peine à reprendre son souffle. La croissance du produit intérieur brut sera aussi plus modeste que prévu.

Autre coup à encaisser: le déficit sera cette année de 18,7 milliards $, alors qu'il avait été estimé l'an dernier à seulement 10 milliards $.

Et lorsque l'équilibre sera atteint en 2015-2016, le gouvernement ne devrait dégager un surplus d'à peine 800 millions $, alors que M. Flaherty l'évaluait à plus de 3 milliards $ lorsqu'il avait rédigé son dernier budget.

Malgré ces défis financiers, Jim Flaherty s'est dit "très confiant", jeudi, d'atteindre son but, devenu quasiment une obsession.

"On veut être dans une situation fiscale solide, au cas où il y ait une autre crise", s'est-il ainsi justifié.

Cohérent avec ses objectifs de création d'emplois et de croissance économique, le gouvernement de Stephen Harper reconduit pour deux ans un programme qui offre des crédits d'impôt _ pour aider le secteur manufacturier _ à hauteur de 1,4 milliard $ pour les entreprises qui achèteront de l'équipement de pointe.

Toujours pour favoriser l'emploi, Ottawa a décidé de revoir les Ententes sur le marché du travail (EMT), une stratégie que craignait Québec.

La province devrait voir sa part du 500 millions $ de ce programme maintenue à 116 millions $, mais l'argent vient maintenant avec des conditions, ce qui ne manquera pas de faire bondir le gouvernement québécois.

Avec le programme, rebaptisé "subvention canadienne pour l'emploi", chaque travailleur pourra bénéficier d'une subvention maximale de 15 000 $ pour sa formation, à être payée en parts égales par le fédéral, le provincial et l'employeur. Si l'employeur ou la province rechigne à fournir l'argent pour les travailleurs, le fédéral ne mettra pas un sou. Il se peut donc fort bien que toute l'enveloppe ne soit pas dépensée. Le détail reste à négocier entre le fédéral et les provinces: ils ont un an pour y arriver, l'échéance des EMT arrivant en 2014.

L'objectif d'Ottawa est d'arrimer les travailleurs avec les emplois vacants, qui requièrent une certaine spécialisation. Le gouvernement dit répondre aux doléances des employeurs qui affirment que la formation au pays ne correspond pas suffisamment aux compétences.

"Pour la première fois, grâce à la subvention canadienne pour l'emploi, ce ne sera plus le gouvernement qui dictera les choix de la formation axée sur les compétences. Ce seront les employeurs et les Canadiens qui veulent travailler, comme cela doit se faire", a déclaré Jim Flaherty dans son discours sur le budget.

Le programme d'infrastructure concocté devrait plaire aux municipalités qui réclament un financement stable pour leurs ponts et leurs routes. Ottawa versera 32 milliards $ dans le fonds d'améliorations des collectivités pour l'aménagement des voies routières, le transport en commun et les installations sportives. Le Fonds Chantiers Canada consacrera pour sa part 14 milliards $ pour de grands projets au pays.

Ottawa annonce par ailleurs l'élimination graduelle du crédit d'impôt pour les fonds de travailleurs, dont le Fonds de solidarité FTQ et Fondaction CSN.

Certaines réorganisations sont au menu: l'Agence canadienne de développement international (ACDI) disparaît et ses activités seront intégrées au ministère des Affaires étrangères, alors que le Conseil national de recherche poursuit sa transformation vers un organisme plus centré sur les besoins de l'industrie.

Et, bonbon aux consommateurs, les tarifs de douane seront réduits pour les vêtements pour enfants et l'équipement de hockey, ce qui devrait aider à faire baisser les prix.

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