La Cour supérieure a tranché la poire en deux dans le litige qui opposait la Société Radio-Canada (SRC) au Service de police de la Ville de Montréal (SPVM).

La SRC devra remettre les enregistrements audio et vidéo de l'événement impliquant l'agente Stéfanie Trudeau, mieux connue sous le sobriquet de « matricule 728 », le 2 octobre dernier. Radio-Canada pourra toutefois conserver l'intégrale de l'entrevue réalisée avec une témoin de l'événement, Katia Moreau.

Le juge André Vincent estime que le SPVM aurait pu lui-même effectuer l'entrevue avec Mme Moreau. C'est pourquoi le juge soulage la SRC de l'obligation de remettre cet enregistrement aux policiers.

Par ailleurs, le juge maintient l'obligation qui est faite à la SRC de remettre les enregistrements de l'intervention policière de l'agent Trudeau du 2 octobre dernier au SPVM. Le juge Vincent estime que le SPVM ne peut obtenir les informations autrement. Il précise qu'il ne s'agit pas d'un cas de protection des sources puisqu'aucune garantie en ce sens n'a été faite aux auteurs des documents audiovisuels.

Radio-Canada a décidé de ne pas porter la cause en appel et remettra les documents requis au SPVM.

L'agente Trudeau, qui avait retenu l'attention pendant le « printemps érable », avait une fois de plus défrayé les manchettes à la suite de cette intervention musclée devant une résidence de l'avenue Papineau.

Matricule 728 retirée des opérations

À la suite des reportages de Radio-Canada, le SPVM a décidé de retirer des opérations la policière Trudeau le temps de mener une enquête interne sur l'incident.

« Bien que cette discussion ait eu lieu en privé, c'est à ce point préoccupant qu'on a décidé que cette policière serait retirée des opérations dès maintenant. Donc, elle n'est plus en lien avec la population et la direction [du SPVM] a demandé à ce qu'une enquête interne soit faite pour rencontrer les témoins pour faire la lumière sur ce qui s'est passé », a expliqué le porte-parole du SPVM, Ian Lafrenière, en entrevue à Radio-Canada.

Sans dire que le comportement de la policière est inacceptable, M. Lafrenière affirme cependant qu'« on veut savoir dans quel état d'esprit, de quelle façon elle intervient avec les gens et c'est pas le genre de police auquel on s'attend, c'estclair ».

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