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L'opposition dénonce la refonte de la formation de la main-d'oeuvre

21/03/2013 05:21 EDT | Actualisé 21/05/2013 05:12 EDT

Le Nouveau Parti démocratique accuse le gouvernement conservateur de Stephen Harper de provoquer les provinces en prévoyant dans son budget de transférer la responsabilité de la gestion des fonds destinés à la formation de la main-d'oeuvre aux entreprises.

Ottawa verse d'importantes sommes aux gouvernements provinciaux à cette fin. Mais les ententes avec les provinces sur la formation viennent à échéance l'an prochain, et le gouvernement fédéral en profitera donc pour les renégocier.

Ottawa veut notamment ajouter des conditions aux transferts pour créer des programmes d'employabilité en fonction du marché du travail. Le gouvernement instaurerait une nouvelle formule où le fédéral, les provinces et les employeurs verseraient jusqu'à 5000 $ chacun pour outiller les travailleurs.

« Maintenant, le fédéral reprend la formation aux provinces. Pourquoi? Parce que c'est un exercice de relations publiques prouvant qu'ils sont de piètres gestionnaires », dénonce le chef de l'opposition officielle, Thomas Mulcair.

Le député fédéral d'Outremont critique également le nouveau plan d'investissement dans les infrastructures de 47 milliards de dollars sur 10 ans. Le chiffre ne tient pas compte de l'inflation, déplore M. Mulcair.

« Il y a une crise de l'infrastructure au Canada [...] Les municipalités sont responsables de 40 % de l'infrastructure avec seulement 8 % de l'assiette fiscale. Elles n'y arrivent tout simplement pas », dit-il.

Un exercice de rhétorique », dit Bob Rae

Le chef intérimaire du Parti libéral, Bob Rae, estime que le budget Flaherty est « un exercice de rhétorique et de propagande ».

M. Rae a dit n'avoir noté « aucun changement de direction de la part du gouvernement ».

Pour le chef libéral intérimaire, ce budget ne contient aucune « grande annonce », en comparaison avec celui de l'année passée, où Ottawa avait pris « de grandes mesures sur l'environnement et sur les compressions dans les services publics ».

Au sujet des mesures sur la formation de la main-d'oeuvre, M. Rae croit que « les relations seront difficiles entre les provinces et Ottawa ». Cette mesure posera, selon lui, des problèmes pour « les provinces qui n'ont pas beaucoup d'argent ».

De son côté, le député de Papineau, Justin Trudeau, candidat à la direction du Parti libéral, estime que le budget « ne répond pas aux préoccupations des Canadiens ».

Il estime que la mesure sur la formation de la main-d'oeuvre va conduire à de longues discussions entre Ottawa et les provinces, alors que « les Canadiens veulent de l'aide pour l'emploi et non des négociations », a-t-il dit.

« Un budget centralisateur », selon le Bloc

Le chef du Bloc québécois, Daniel Paillé, a qualifié pour sa part le budget de « centralisateur », ajoutant qu'il va mener à « la chicane ».

Pour M. Paillé, le budget fédéral est en contradiction avec les déclarations du ministre Christian Paradis qui annonçait qu'Ottawa voulait « collaborer avec le Québec » et « respecter les juridictions ».

En ce qui concerne les mesures prises pour la formation de la main-d'oeuvre, M. Paillé estime qu'Ottawa impose des notions. « M. Flaherty dit : ''Voici comment on devra faire à partir de 2014'', a dit le chef du Bloc québécois, alors que tout le monde sait que la main d'oeuvre est une juridiction du Québec. »

« Pour moi, c'est un affront », a déclaré M. Paillé.

Le chef du Bloc québécois a conclu en disant que « c'est un budget aux conditions de M. Flaherty sans aucune ouverture ».

Paradis défend son gouvernement 

Le ministre de l'Industrie Christian Paradis a répliqué aux critiques de l'opposition en disant qu'Ottawa n'avait pas du tout l'intention de rapatrier les fonds pour la formation de la main-d'oeuvre.

M. Paradis soutient qu'il y a un « jumelage nécessaire » et ajoute que le gouvernement Harper est « ouvert à la négociation ». Il affirme que l'intention gouvernementale répond à une demande exprimée dans des tables rondes auxquelles il a participé.

« Moi, j'appelle ça du leadership économique », a lancé le ministre Paradis sur les ondes de RDI.

Le ministre a aussi décrit les investissements en infrastructure comme « le plus grand chantier de l'histoire canadienne ». Notons toutefois que les trois quarts de l'argent devant être versé par l'entremise du nouveau Fonds Chantier Canada, sur une enveloppe totale de 14 milliards de dollars, le seront à partir de 2019-2020, après les deux prochaines échéances électorales.

Un budget mi-figue, mi-raisin, selon le Parti vert

Pour le Parti vert du Canada, le budget 2013 se distingue davantage par « le ton que par le contenu ».

Le parti, qui compte une seule députée à la Chambre des communes, sa chef Elizabeth May, estime toutefois que plusieurs de ses recommandations ont été prises en compte par le gouvernement.

Le Parti vert cite à titre d'exemple l'aide supplémentaire accordée à Technologie du développement durable Canada ou la réduction du « gaspillage lié aux voyages en utilisant les technologies, notamment les téléconférences ».

Le parti estime cependant que l'aide apportée aux Autochtones et aux municipalités est insuffisante.

Elizabeth May note que les conservateurs « se vantent même des succès du programme écoÉnergie, un programme qu'ils ont passé à la trappe l'an dernier ».

« Le problème de ces documents budgétaires, c'est qu'ils sont de plus en plus flous. On ne reçoit plus d'annexes avec les chiffres par ministère. Leur enveloppe totale monte-t-elle ou non? Qui sait? », s'est interrogée Mme May en guise de conclusion.

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