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L'opposition syrienne secouée par une autre crise interne

20/03/2013 08:41 EDT | Actualisé 20/05/2013 05:12 EDT

La désignation d'un premier ministre intérimaire pour les territoires contrôlés par la rébellion n'a pas arrangé la crise chronique dont souffrent les instances de l'opposition syrienne. Elle l'a approfondie.

Une douzaine de membres, et pas des moindres, du Conseil national syrien (CNS), l'une des composantes de l'opposition syrienne, ont annoncé mercredi qu'ils suspendent leur participation à cette instance.

Il s'agit entre autres de Souhair Al-Attasi, vice-présidente du CNS, et Walid Al-Bounni, son porte-parole.

Sur sa page Facebook, Mme Al-Atassi a donné la justification suivante : « Parce que je suis une citoyenne syrienne, je refuse de suivre aveuglément et d'être un instrument. »

Ce qui était distillé depuis plusieurs mois dans la presse arabe et occidentale sur les raisons de la crise qui secoue cette instance de l'opposition syrienne est dit ouvertement par les membres du CNS.

« Les Frères musulmans, avec le soutien du Qatar, ont imposé leur candidat (Ghassan Hitto) au poste de premier ministre. Nous resterons à l'écart si la coalition ne revient pas sur son choix » , a déclaré Walid Al-Bounni,

Par ailleurs, Kamel Labwani, un autre membre influent de la coalition qui a annoncé sa dissidence, a soulevé une question politique grave sur la désignation du premier ministre.

« La Coalition est un corps qui n'a pas été élu, et de ce fait n'a pas le droit de choisir un premier ministre sur la base d'un vote majoritaire. Il aurait dû y avoir un consensus », a déclaré M. Labwani.

M. Hitto a été élu avec 35 voix sur 49 exprimées lors du vote, auquel plusieurs membres de la coalition ont refusé de participer.

Le Conseil national syrien est composé de 62 membres. Si l'on prend en compte les chiffres avancés par l'organisme, 13 membres n'ont pas participé au vote et 14 autres ont voté contre Ghassan Hitto, soit un total de 27.

Plusieurs sources du CNS ont indiqué que d'autres membres annonceront la suspension de leur participation.

Les dissidents ont indiqué qu'ils allaient rendre public dans les prochains jours un communiqué dans lequel ils expliqueront plus en détail les raisons de leur retrait.

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