POLITIQUE

Les médecins refusent de toucher à leurs salaires et avantages : Québec devra couper 100 millions $

20/03/2013 03:45 EDT | Actualisé 20/05/2013 05:12 EDT
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QUÉBEC - Le gouvernement Marois n'a pas réussi à obtenir de concessions salariales des médecins: Québec devra s'arranger autrement pour se faire un «coussin» de 100 millions $ dans le réseau de la santé.

Le gouvernement voulait étaler sur deux années de plus des dispositions de l'entente salariale signée par les libéraux avec les deux fédérations médicales, dans un effort en vue d'atteindre le déficit zéro en 2013-2014.

Les pourparlers ont toutefois achoppé, selon le ministre de la Santé, Réjean Hébert. Il n'a pas été possible d'arriver à une entente et il s'en est désolé, dans un point de presse mercredi à l'Assemblée nationale, à Québec.

Dans son budget de l'automne dernier, le ministre Nicolas Marceau avait déjà ciblé l'explosion des salaires des médecins. Peu après, le gouvernement péquiste a manifesté son intention de reporter sur sept ans, plutôt que les cinq ans prévus, certaines allocations de l'entente signée en 2011 par le gouvernement Charest.

Or M. Hébert a indiqué que l'entente est «extrêmement contraignante» et que le gouvernement est «incapable de la rouvrir».

«Nous ne sommes pas arrivés à une entente, donc je ne peux pas vous dire que cela s'est bien passé», a-t-il déclaré.

Il faudra vivre avec cette entente, a-t-il ajouté. Selon le ministre, les efforts demandés équivalaient à environ 100 millions $, un chiffre que contestent toutefois les médecins.

La Fédération des médecins omnipraticiens (FMOQ), une des deux parties prenantes avec la Fédération des médecins spécialistes (FMSQ), refuse pour sa part de parler d'échec.

Selon le directeur des communications de la FMOQ, Jean-Pierre Dion, c'est le gouvernement qui a décidé de mettre fin aux échanges, qui étaient apparemment «courtois».

«Cela s'est fait de façon amicale, en plus, pas comme s'il y avait eu beaucup de tirailllements, sans crise, sans coups de poings sur la table, a-t-il dit dans un entretien téléphonique. Cela s'est fait naturellement, c'est pour cela que nous étions surpris ce matin (mercredi).»

La fédération soutient qu'elle était prête à faire des accommodements pour 2013-2014, mais qu'il fallait pouvoir se rattraper au cours des années subséquentes, sans réduction sur la somme totale de l'enveloppe.

«Nous, on est parlable, mais l'argent (prévu dans une entente)...il faut qu'il soit dévolu aux médecins.»

Il y a eu quelques rencontres en janvier et février, et «dernièrement le gouvernement a fait savoir que les propositions de la FMOQ n'étaient pas satisfaisantes et qu'il allait respecter intégralement les ententes», a dit M. Dion dans un entretien téléphonique.

Le porte-parole de la FMOQ se demande toutefois d'où sort le montant de 100 millions $ cité par le ministre. M. Dion estimait que les sommes en jeu étaient bien supérieures.

De même, la FMSQ soutient que les sacrifices demandés atteignaient les 300 millions $, soit 100 millions $ pour les omnipraticiens et 200 millions $ chez les spécialistes.

La FMSQ affirme que M. Hébert «en a manqué des bouts» dans les négociations.

De son côté, le président du Conseil du trésor, Stéphane Bédard, a minimisé les déconvenues de son gouvernement avec les médecins.

À la sortie de la séance du conseil des ministres, en après-midi, il a assuré que les 100 millions $ ne seront pas retranchés dans les services à la population. Par ces négociations, il voulait en quelque sorte accumuler une provision pour éventualité, un «coussin», comme il l'a dit.

«Il peut toujours arriver des événements où il peut y avoir une pression, un événement particulier qui nécessite une injection additionnelle (...). C'est dans ce contexte-là qu'on a approché les deux associations. On était dans le bon état d'esprit.»

Selon lui, les propositions des fédérations n'étaient «pas avantageses pour les contribuables».

La rémunération totale des médecins passera de 5,2 milliards $ en 2011-2012 à 6,6 milliards $ en 2014-2015.

De 2012 à 2015, la hausse de la masse salariale équivaut à 8,7 pour cent par année.

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