BIEN-ÊTRE

Des électrodes dans le cerveau pour traiter l'anorexie

07/03/2013 01:16 EST | Actualisé 07/05/2013 05:12 EDT

L'implantation d'électrodes dans le cerveau pourrait permettre d'améliorer l'état de certains patients atteints d'anorexie grave incurable, selon une étude préliminaire publiée jeudi.

La technique a été utilisée à titre expérimental par des chercheurs américains et canadiens sur six patientes au total, âgées de 24 à 57 ans, dont trois ont montré des signes d'amélioration, notamment en terme de poids, neuf mois après l'intervention, précise l'étude publiée dans la revue médicale britannique Lancet.

La stimulation cérébrale profonde, qui consiste à implanter des électrodes dans le cerveau lors d'une petite intervention chirurgicale, est déjà utilisée pour traiter des malades atteints de Parkinson, de douleurs chroniques, ou de troubles obsessionnels compulsifs (TOC), mais cette technique n'avait encore jamais été utilisée pour l'anorexie, un trouble grave du comportement alimentaire, notent les auteurs.

Au-delà de la prise de poids, la moitié des patientes traitées ont également enregistré une amélioration de l'humeur ainsi qu'une réduction des TOC.

"Cette amélioration de l'humeur et de l'anxiété chez des patientes affichant un poids insuffisant est particulièrement frappante, alors que ces malades répondent généralement mal aux thérapies médicamenteuses ou aux psychothérapies", relève le Dr Andres Lozano, un neurochirurgien canadien qui a coordonné l'étude.

L'étude, destinée à étudier la sécurité de la procédure, a fait apparaître un effet indésirable grave chez une patiente qui a présenté des convulsions deux semaines après l'intervention, en lien avec un trouble du métabolisme.

L'anorexie mentale est une pathologie qui touche principalement les adolescents et plus particulièrement les jeunes filles de 15 à 19 ans. Mais plus de 20% répondent mal aux traitements existants et courent le risque de décéder prématurément.

"Il est impératif de trouver de nouveaux traitements efficaces pour ces malades", écrivent les Pr Janet Treasure et Ulrike Schmidt du King London's College dans un commentaire joint à l'article. Tous deux se félicitent également de ce que le traitement améliore les symptômes psychologiques et ne soit "pas juste un autre traitement destiné à faire grossir les patients sans qu'ils se sentent mieux".

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