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Des commerçants disent aux élus de laisser la police faire son travail lors des manifestations

06/03/2013 12:51 EST | Actualisé 06/05/2013 05:12 EDT
Agence QMI

MONTRÉAL - Le maire de Montréal, Michael Applebaum, et la première ministre Pauline Marois ont lancé un appel au calme et au respect des lois, mercredi, au lendemain d'une autre manifestation tendue qui a donné lieu à quelques méfaits.

Leur appel est venu après une sortie des commerçants montréalais qui se sont dits exaspérés d'être la cible des vandales lors de manifestations étudiantes qui parfois dégénèrent.

De passage à Montréal pour inaugurer un nouveau pavillon du musée Pointe-à-Callière, Mme Marois a toutefois estimé qu'il était encore trop tôt pour conclure que le Québec serait sur le point de replonger dans les perturbations sociales.

«On va être prudent quand même dans nos commentaires ou nos analyses, a-t-elle dit. Il y a eu quelques milliers de personnes hier (mardi) qui se sont manifestées.»

Mme Marois refuse, cependant, de croire que la décision de son gouvernement d'imposer une indexation des droits de scolarité — qui représente une augmentation d'environ 3,0 pour cent — puisse générer le même genre de conflit qu'au printemps dernier.

«Les orientations que nous avons choisies ne souffrent aucune comparaison avec ce que faisait le Parti libéral, qui augmentait les frais de 82 pour cent. Je crois que ce qu'on a proposé est raisonnable, et j'espère que ce sera compris comme tel. Pour l'instant, je vais inviter tout le monde au calme», a conclu Mme Marois.

Le maire Applebaum, de son côté, a invité les manifestants à se montrer responsables, et les organisateurs à prendre les mesures nécessaires pour garder le contrôle de leurs événements.

«Tout le monde a le droit de manifester», a-t-il dit. «La seule chose que je demande à tous les citoyens qui vont manifester, c'est d'assurer la sécurité, la paix, manifester correctement, respecter la loi, et d'assurer que les gens peuvent se promener dans la ville de Montréal et d'assurer en tout temps la sécurité des manifestants, des personnes qui veulent aller se promener, magasiner, et la sécurité de nos policiers.»

Le maire a même invité les manifestants à intervenir eux-mêmes auprès des fauteurs de trouble.

«Je demande aussi aux manifestants de s'assurer que, s'ils voient des gens qui sont là pour causer des difficultés ou de causer des dommages, de les cibler et d'informer la police et de travailler avec la police.»

Le directeur général de Destination centre-ville, André Poulin, qui représente 8000 commerces et bureaux du centre-ville de Montréal, a demandé au Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) d'intervenir plus rapidement auprès des casseurs, en effectuant des arrestations dès les premiers incidents. M. Poulin dit croire que la police est en mode réaction et attend que cela dégénère, comme ce fut le cas, selon lui, mardi soir.

Le dg de Destination centre-ville explique que ses membres ont été confrontés à une «baisse énorme de clientèle» le printemps dernier, parce que les gens ne souhaitaient pas être pris dans des incidents. Selon lui, plusieurs ont développé de nouvelles habitudes de consommation; les restaurateurs et hôteliers en ont notamment beaucoup souffert.

À cela s'ajoute les conséquences sur les primes d'assurances des commerçants visés par les actes de vandalisme à répétition.

Le coup a également été dur pour les travailleurs du centre-ville, selon André Poulin, puisque plusieurs d'entre eux ont vu leur nombre d'heures de travail diminuer ou ont été carrément mis à pied en raison de la baisse de l'achalandage.

Bref, tous ces gens demandent un peu de répit ce printemps — ou du moins que les autorités puissent mieux les protéger.

Entretemps, un appel à une nouvelle manifestation nocturne, cette fois à Québec, a été lancé pour ce jeudi soir sur certains réseaux sociaux.

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