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Le pétrole du Venezuela convoité

06/03/2013 07:33 EST | Actualisé 06/05/2013 05:12 EDT

La mort du président vénézuélien, Hugo Chavez, pourrait se traduire d'ici quelques années par des changements dans l'industrie pétrolière locale, nationalisée, et avoir des répercussions jusqu'au Canada.

Avec l'Arabie saoudite, le Venezuela est doté des plus importantes réserves de pétrole prouvées dans le monde. Cependant, la production de pétrole au Venezuela a reculé au cours des 10 dernières années. Elle est passée à moins de 2,5 millions de barils par jour, et ce, après avoir atteint un sommet de 3,5 millions de barils extraits quotidiennement.

L'administration Chavez refusait de moderniser ses installations ou d'investir dans des nouvelles pour exploiter d'autres gisements, même si certains s'épuisaient.

Avec la mort d'Hugo Chavez, l'incertitude plane sur les places boursières et dans les rangs des investisseurs.

Les politiques mises en place par Hugo Chavez, notamment celles de nationalisation, ont effrayé les investisseurs et il sera difficile de leur redonner confiance, selon Mathieu Arès, professeur adjoint à l'Université de Sherbrooke, au Québec. « Monsieur Chavez avait nationalisé beaucoup d'entreprises, il a été dur avec les entreprises. Il n'y a pratiquement plus d'investissements étrangers », affirme Mathieu Arès.

Au Venezuela, des élections anticipées seront tenues d'ici un mois.

Selon Denis Durand, associé principal chez Jarilowsky Fraser, une ouverture de Caracas à l'égard des investisseurs est peu probable si le vice-président (et dauphin d'Hugo Chavez), Nicolas Maduro, remporte ces élections. « C'est plein d'incertitude », estime Denis Durand.

De plus, le Venezuela a beau être assis sur l'une des plus importantes réserves de pétrole de la planète, les gisements les plus prometteurs coûtent de plus en plus cher à exploiter. « La prochaine source de pétrole au Venezuela, ce sont les schistes bitumineux, explique Denis Durand. Or, avant que les sociétés s'engagent à ce niveau, cela peut être très long. »

Croissance, mais inflation

Le pétrole génère plus de la moitié des revenus du Venezuela. L'an dernier, l'économie du pays a progressé de 5,7 %. D'après la firme Capital Economics, son déficit budgétaire était de 9 % son PIB, en 2012. Le taux de chômage officiel du pays est d'environ 8 %, toutefois le taux d'inflation y dépasse les 23 %, ce qui vient gruger le pouvoir d'achat des Vénézuéliens.

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