NICOLAS SARKOZY - Voilà de quoi alimenter la sarkonostalgie jusqu'à la fin du quinquennat. Alors que l'annonce de son retour politique fait l'objet d'un lobbying intense et de rumeurs récurrentes sur Internet, alors que les sympathisants UMP plébiscitent sa candidature pour 2017, Nicolas Sarkozy entrouvre la porte à un hypothétique retour à la vie politique, selon des propos recueillis par le magazine Valeurs actuelles et rapportés par l'AFP.

Rien d'officiel de la part de l'ancien chef d'Etat, tenu par son devoir de réserve, mais des propos rapportés sans équivoque sur ce que pourraient être les conditions d'une nouvelle candidature d'ici à 2017. "Il y aura malheureusement un moment où la question ne sera plus : 'Avez-vous envie ?' mais 'aurez-vous le choix ?' [...] Dans ce cas, je ne pourrai pas continuer à me dire : je suis heureux, j'emmène ma fille à l'école, et je fais des conférences partout dans le monde", explique Nicolas Sarkozy cité par l'hebdomadaire de droite à paraître ce jeudi. "Dans ce cas, effectivement, je serai obligé d'y aller. Pas par envie. Par devoir. Uniquement parce qu'il s'agit de la France."

Un nouvel épisode qui vient nourrir le feuilleton de la retraite hyperactive de l'ancien président de la République (suite de l'article après le diaporama):

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  • Le 6 mai: et après?

    Passée la défaite et la cérémonie d'investiture de son successeur, Nicolas Sarkozy a officiellement endossé son costume de retraité de la politique. Retraité? De la politique? Difficile à croire au vu des nombreux déplacements professionnels et diplomatiques entrepris par l'ancien chef de l'Etat.

  • 15 mai 2012: après l'Elysée, le footing

    Dès la cérémonie d'investiture achevée, Nicolas Sarkozy est parti faire un footing dans le Bois de Boulogne. Le début d'une retraite bien méritée?

  • 14 juin 2012: président parmi les présidents

    Nicolas Sarkozy participe, aux côtés de l'ancien président Valéry Giscard d'Estaing et devant son successeur François Hollande, à l'hommage national rendu aux soldats tombés en Afghanistan.

  • 28 juin 2012: rencontre avec Aung San Suu Kyi

    Le couple Sarkozy-Bruni sort de sa retraite pour une visite à la prix Nobel de la Paix birmane, de passage à Paris. Nicolas Sarkozy a pris soin de se raser et ne fera aucun commentaire.

  • 8 août 2012: le retour de Sarkozy sur la Syrie

    En pleines vacances au Cap Nègre, Nicolas Sarkozy s'entretient longuement avec le chef de l'opposition syrienne. Les deux hommes conviennent d'un communiqué commun... qui a tout l'air d'une petite leçon de géopolitique adressée à François Hollande. Le 25 aoûts, ses amis réunis à Nice entretiennent son souvenir: c'est le début de la Sarkonostalgie.

  • 29 septembre 2012: toujours fan du PSG

    Alors que sa cote de popularité repart à la hausse, l'ancien président de la République savoure les joies d'un match du PSG (ici contre Sochaux). L'occasion de tester sa nouvelle popularité au contact d'un public conquis.

  • octobre 2012: à New York pour une conférence

    Rarement conférence à huis-clos aura autant intrigué la presse française. Ce jour d'octobre, les journalistes font le pied de grue devant le Waldorf Astoria pour y croiser Nicolas Sarkozy, venu donner sa première conférence devant un parterre de banquiers.

  • 22 octobre 2012: au Brésil avec Dilma Rousseff

    De passage au Brésil pour une nouvelle conférence pour un groupe bancaire, Nicolas Sarkozy (toujours pas rasé) en profite pour saluer la présidente Dilma Rousseff à Brasilia, puis l'ancien chef de l'Etat Lula da Silva.

  • 24 octobre 2012: Sarkozy invite Fillon

    Alors que la campagne pour la présidence de l'UMP bat son plein, Nicolas Sarkozy, arbitre moral, s'affiche avec François Fillon après avoir reçu Jean-François Copé dans ses bureaux parisiens.

  • 14 novembre 2011: rencontre avec Vladimir Poutine

    Visite de courtoisie au président russe, près de Moscou, à l'occasion d'une invitation à une remise de prix d'un groupe privé.

  • 21 novembre 2012: conférence à Londres et affaire Bettencourt

    Alors que l'UMP se déchire sur l'élection de son président, Nicolas Sarkozy donne tranquillement une nouvelle conférence, à Londres cette fois-ci. Le lendemain, il est auditionné plus de huit heures dans l'affaire Bettencourt. pas de mise en examen mais un statut de témoin assisté. Il reste le favori pour 2017 selon les sympathisants de droite.

  • 11 décembre 2012: Sarkozy et Cécilia à Doha

    L'ancien chef de l'Etat prend la parole au Qatar à la demande de son ex-femme, Cecilia, et de son compagnon Richard Attias.

  • 22 novembre 2012: Sarkozy joue les casques bleus

    Alors que l'UMP semble au bord de l'explosion, Nicolas Sarkozy intervient discrètement pour tenter de réconcilier Jean-François Copé et François Fillon. Mais sa proposition d'un référendum interne échoue.

  • 28 janvier 2013: un anniversaire très politique

    Quand Nicolas Sarkozy fête ses 58 ans, c'est entouré de sa famille proche mais également de sa garde politique rapprochée dont son porte-parole attitré Brice Hortefeux.

  • 7 mars 2013: Sarkozy annonce son retour "par devoir"

    Evénement à la Une de <em>Valeurs Actuelles</em>. Selon des propos rapportés, Nicolas Sarkozy annonce qu'il pourrait revenir à la politique "par devoir" face à la crise. Une opération médiatique qui vise à fragiliser François Fillon, candidat à la primaire UMP, en posant l'ancien président en recours pour la droite française.

  • 22 mars 2013: mis en examen pour "abus de faiblesse"

    Coup de tonnerre à droite, l'ancien président de la République est mis en examen dans l'affaire Bettencourt. Motif: "abus de faiblesse" présumé contre Liliane Bettencourt. L'an ien président est ulcéré, mais la drotie fait corps derrière lui.

  • 25 avril 2013: les confidences de Montréal

    Lors d'une conférence au Québec, Nicolas Sarkozy ne s'est pas privé de commenter l'actualité du mariage gay en France. "En période de crise, le référendum est l'instrument le plus dangereux que l'on puisse utiliser", a-t-il expliqué.

  • 15 mai 2013: Sarkozy à Las Vegas

    Nouvelle conférence rémunérée pour l'ancien chef de l'Etat qui s'est offert un passage chez le grand chez Guy Savoie. Aucune déclaration politique n'a toutefois filtré.

  • 22 mai 2013: escale diplomatique en Israël

    Venu recevoir un diplôme d'honneur dans une université israélienne, Nicolas Sarkozy en profite pour rendre visite au premier ministre Benyamin Netanyahu. Une visite qui intervient en pleine élection législative partielle dans la 8e circonscription des Français de l'étranger.

  • 3 juin 2013: passage à Londres

    Une nouvelle conférence, payée par la banque américaine Goldman Sachs, et une nouvelle évocation d'un éventuel retour en politique.

  • 5 juillet 2013: Facebook contre le Conseil constitutionnel

    Après l'invalidation de ses comptes de campagne par le Conseil constitutionnel, Nicolas Sarkozy accélère son retour dans l'arène. Le 4, il démissionne du Conseil et le 5, il appelle les Français à soutenir l'UMP, qui fait face à de graves difficultés financières.

  • 8 juillet 2013 : retour à l'UMP

    Quatre jours après l'invalidation de ses comptes de campagne, Nicolas Sarkozy fait un retour triomphal au siège de l'UMP qui vient de lancer une souscription. Il affirme qu'il ne s'agit pas d'un come-back politique mais la tonalité de son discours laisse penser tout le contraire.

  • 18 septembre 2013 : une décoration en Haute-Savoie

    Nicolas Sarkozy se rend à Archamps pour remettre la légion d'honneur à un ancien député de Haute-Savoie, Claude Birraux. Rien ou presque ne filtre de son discours, si ce n'est quelques phrases pour défendre le nucléaire.

  • 7 octobre 2013: non-lieu dans l'affaire Bettencourt

    L'affaire Bettencourt s'arrête ici pour Nicolas Sarkozy. Les juges bordelais ont décidé de ne pas le renvoyer devant le tribunal correctionnel. "En décidant d'un non-lieu, la justice vient de me déclarer innocent", lâche Nicolas Sarkozy sur son compte Facebook, sur lequel il s'en prend à ses ennemis. "On ne gagne jamais à calomnier", assène-t-il.

  • 15 novembre - A l'Assemblée, en hommage à Chaban

    Nicolas Sarkozy fait un retour à l'Assemblée nationale où il est l'invité d'honneur d'un déjeuner de l'Association "Chaban aujourd'hui", qui regroupe les amis de Jacques Chaban-Delmas. L'occasion pour lui de faire un discours sur le rêve de "nouvelle société" chère à l'ancien Premier ministre.

  • 10 février 2014 - Le Sarkoshow pour NKM

    Evénement dans la campagne municipale parisienne: Nicolas Sarkozy est l'invité de marque du premier meeting de son ex-porte-parole Nathalie Kosciusko-Morizet. Son arrivée (un triomphe) pour ce premier meeting politique depuis sa défaite, marque une étape de plus vers un retour en 2017.

  • 28 février 2014 : virée à Berlin

    L'ancien Président profite d'une virée à Berlin pour s'entretenir une petite demi-heure avec Angela Merkel. Il prononce ensuite un discours très pro-européen devant la fondation Konrad Adenauer. Mais c'est encore une petite phrase qui alimente le buzz: "Je n'ai aucune intention de mettre un terme à la période de recul de toute activité politique que j'ai souhaitée", lance Nicolas Sarkozy.

Nicolas Sarkozy candidat à reculons? C'est précisément ce qu'expliquait ce mardi Geoffroy Didier, le cofondateur de la Droite forte, courant ultra-sarkozyste de l'UMP, dans une tribune publiée ce mardi 5 décembre sur Le HuffPost. Une tribune au titre prémonitoire: "La question du retour de Nicolas Sarkozy a-t-elle un sens?"

Pour le protégé de Brice Hortefeux, gardien du temple de la parole sarkozyste, la réponse est évidemment oui et colle, quasiment mot pour mot, à la ligne officielle de Nicolas Sarkozy rapportée par Valeurs Actuelles. "Oui, bien sûr, un jour, le devoir pourrait appeler Nicolas Sarkozy", explique Geoffroy Didier. "La qualité d'un homme d'Etat se vérifie non pas à son envie ni à son confort, mais à sa capacité à honorer son devoir. [...] Oui, il peut y avoir un retour, mais s'il doit être un recours", détaille le secrétaire général adjoint de l'UMP.

Geoffroy Didier et Nicolas Sarkozy tombent d'ailleurs d'accord sur un autre point. L'ancien président ne fera pas de retour dans la vie partisane comme l'avait fait avant lui Valéry Giscard d'Estaing dans les années 80. Et ce malgré son intervention lors du psychodrame qui faillit faire imploser l'UMP fin 2012.

Pas de sentiment revanchard

Toujours selon Valeurs Actuelles, Nicolas Sarkozy ne semble guère pressé de renouer avec les coups bas et autres critiques qui émaillent chacune de ses irruptions dans la vie publique. Il n'a "pas envie d'avoir à faire au monde politique qui (lui) procure un ennui mortel", selon d'autres propos rapportés par l'hebdomadaire. "Et puis, regardez comment j'ai été traité! Lorsqu'on m'a convoqué pour treize heures d'interrogatoires, à propos de l'affaire Bettencourt (...) Sans compter la manière dont ils ont traité ma femme. Interdite de chanter pendant cinq ans", s'indigne-t-il.

Pas question pour autant de vouloir prendre sa revanche. "C'est un très mauvais sentiment", estime l'ancien président. "Et puis quelle revanche ce serait ? Pour reprendre la France dans l'état où les socialistes la laisseront. Tu crois que je ne sais pas que je vais mourir ? Donc franchement est-ce que j'ai envie de revenir ? Non."

Alors, pourquoi laisser fuiter ce timide retour sur le devant de la scène? L'explication n'est pas fournie. Elle tombe tout simplement au moment où François Fillon lance sa campagne pour la primaire de 2016 et effectue l'inventaire du quinquennat passé. Comme quoi, à défaut de vouloir revenir à la vie politique, Nicolas Sarkozy en maîtrise toujours parfaitement les rouages.

» Découvrez toutes les réactions politiques après l'annonce de ce possible retour :

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  • François Fillon (UMP)

  • Alain Juppé (UMP)

    <strong>À partir de 3'48</strong>

  • Brice Hortefeux (UMP)

    <strong>À partir de 6'02</strong>

  • Luc Chatel (UMP)

    <strong>À partir de 1'07</strong>

  • Isabelle Balkany (UMP)

  • Jean-Marc Ayrault (PS)

  • Najat Vallaud-Belkacem (PS)

  • Philippe Poutou (NPA)

  • Florian Philippot (FN)

  • Raymond Soubie (conseiller de Nicolas Sarkozy de 2007 à 2010)

  • Laurence Parisot (MEDEF)