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<i>El Presidente</i> Hugo Chavez n'est plus

05/03/2013 05:07 EST | Actualisé 04/05/2013 05:12 EDT

Le président vénézuélien Hugo Chavez est mort à l'âge de 58 ans après avoir lutté pendant deux ans contre un cancer. Élu une première fois en 1998, il aura mené pendant près de 15 ans sa « révolution bolivarienne ».

L'annonce a été faite mardi par le vice-président du Venezuela, Nicolas Maduro, qui devrait assurer l'intérim à la présidence jusqu'à la tenue d'élections dans les 30 jours, a affirmé le ministre des Affaires étrangères, Elias Jaua, bien que la Constitution vénézuélienne confère cette responsabilité au président de l'Assemblée nationale.

Le gouvernement a annoncé sept jours de deuil national. Les funérailles d'Hugo Chavez auront lieu vendredi, à l'Académie militaire de Caracas.

M. Chavez était revenu récemment de Cuba, où il avait été traité pour un cancer. Au cours des derniers jours, le gouvernement avait fait état d'une aggravation de son état de santé.

Plus tôt mardi, le vice-président Maduro avait accusé les « ennemis historiques » du Venezuela d'avoir provoqué le cancer dont souffrait le président Chavez. Deux fonctionnaires américains ont été aussitôt expulsés.

Depuis juin 2011, Hugo Chavez a subi quatre différentes opérations pour soigner une tumeur maligne. L'été dernier, il avait annoncé être guéri, après avoir fait une première rechute en février dernier.

Il s'était rendu dans la capitale cubaine en décembre dernier afin d'y être opéré pour la quatrième fois. Son cancer, dont la nature exacte n'a jamais été révélée, était traité comme un secret d'État par Caracas.

Au pouvoir depuis 1999, M. Chavez a été réélu en octobre dernier pour un quatrième mandat. Son investiture devait avoir lieu en janvier, mais son dernier bilan de santé avait jeté de nouveaux doutes sur sa capacité à assurer la présidence.

À LIRE AUSSI : L'annonce de la mort d'Hugo Chavez a suscité de nombreuses réactions sur la scène internationale.

L'armée, fidèle à Maduro, déployée

Lors d'une intervention télévisée, les principaux chefs militaires du pays ont promis d'être loyaux au vice-président Nicolas Maduro, désigné par Hugo Chavez comme son successeur. L'armée a d'ailleurs été déployée rapidement dans le pays pour « garantir la paix ». L'armée a promis de respecter la Constitution et la volonté du président Chavez.

Le journaliste Jean-Michel Leprince rappelle qu'en décembre dernier, avant de se rendre à Cuba, Hugo Chavez avait déjà envisagé la possibilité de ne pas revenir. Il avait désigné Nicolas Maduro au poste de vice-président et appelé ses concitoyens à voter pour lui s'il devait lui arriver quelque chose.

Selon la Constitution vénézuélienne, à la mort du président, c'est le président de l'Assemblée nationale, Diosdado Cabello, qui assure l'intérim, avec l'obligation d'organiser une nouvelle élection présidentielle dans les 30 jours.

Comme Nicolas Maduro a été désigné vice-président, il devra démissionner avant de présenter sa candidature à la présidence.

L'opposition lance un appel à l'unité

Le chef de file de l'opposition vénézuélienne, Henrique Capriles, battu par Hugo Chavez aux dernières élections, a appelé les Vénézuéliens à « l'unité » et transmis sa « solidarité » à la famille du président.

« Ma solidarité à toute la famille et aux partisans du président Hugo Chavez, nous plaidons pour l'unité des Vénézuéliens », a annoncé le gouverneur de l'État de Miranda sur son compte Twitter.

« Dans des moments difficiles, nous devons démontrer notre amour et notre respect profond à notre Venezuela! Unité de la famille vénézuélienne! » a-t-il poursuivi.

Politique étrangère sulfureuse

Selon le journaliste de Radio-Canada International Martin Movilla, Hugo Chavez a réussi « à dire sur la place publique ce que beaucoup pensaient tout bas », notamment dans la foulée de l'élection du président américain George W. Bush, au début des années 2000.

Il mettait du piquant sur la scène internationale, souligne M. Movilla. Le président Chavez a d'ailleurs connu ses heures de gloire durant l'ère Bush, ayant déjà traité ce dernier d'« assassin », de « bandit » et d'« ivrogne » devant les Nations unies.

Son anti-américanisme l'a rendu populaire aux quatre coins de la planète. Il entretenait des relations personnelles notamment avec l'Iran, l'Irak et la Libye, « mais pour Chavez, ce qui était important, c'était de nourrir les blocs antiaméricains » dans le monde, souligne Martin Movilla.

Hugo Chavez a été l'un des premiers à oser dire qu'il se rangeait derrière le régime syrien de Bachar Al-Assad, dans la foulée d'un conflit « monté de toutes pièces par les Américains ».

Le président Chavez affirmait depuis longtemps que les États-Unis étaient derrière le coup d'État raté de 2002 et agitait souvent la carte anti-américaine pour rallier l'appui de l'opinion publique. Le Venezuela n'a plus d'ambassadeur américain sur son territoire depuis juillet 2010.

Espoirs déçus pour certains

Selon le documentariste Charles Gervais, réalisateur de Revolucion?!, l'arrivée au pouvoir d'Hugo Chavez a suscité beaucoup d'espoir durant les premières années. « Il parlait d'une révolution humaniste », un nouveau concept de la révolution où l'être humain serait au premier plan, explique M. Gervais. C'est « une histoire fascinante, qui a fini par me décevoir », ajoute-t-il.

« À la fin, on a l'impression qu'il s'est un peu perdu. Il est devenu ivre de pouvoir. Il n'a jamais voulu confier son pouvoir à quelqu'un d'autre », résume Charles Gervais.

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