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Marée noire : le rapport de BP est incomplet, soutient Transocean

04/03/2013 08:47 EST | Actualisé 04/05/2013 05:12 EDT

L'enquête interne de la société pétrolière BP sur l'explosion de son puits dans le golfe du Mexique n'aurait pas pris en considération un appel important au sujet d'un problème de pression sur la plateforme de forage.

C'est ce qu'a soutenu lundi un avocat de Transocean, l'entreprise propriétaire de la plateforme de forage louée par BP, dans le cadre du procès fédéral visant à identifier les causes de l'explosion qui a tué 11 travailleurs et déclenché la pire marée noire de l'histoire américaine, en 2010.

L'avocat de Transocean a demandé pourquoi le rapport de l'entreprise ne faisait pas état d'un appel téléphonique entre un ingénieur de BP, Mark Hafle, et le superviseur de la plateforme, Don Vidrine, alors que les enquêteurs étaient pourtant au courant de cet échange.

Selon les notes des entrevues réalisées par les enquêteurs de BP, l'ingénieur - qui n'était pas sur la plateforme - aurait averti peu de temps avant l'explosion le superviseur qu'il pourrait y avoir un problème avec l'interprétation d'un test de pression. Le rapport de BP indique toutefois que les enquêteurs n'ont trouvé aucune preuve que le personnel sur la plateforme ait consulté qui que ce soit à l'extérieur de leur équipe au sujet des résultats du test de pression.

Don Vidrine a indiqué aux enquêteurs de BP que les travailleurs de Transocean n'avaient pas jugé que le problème de pression était important, et qu'ils s'étaient « en quelque sorte moqué de [ses] préoccupations », selon les notes des enquêteurs.

Dans le cadre d'un autre procès, Don Vidrine et son collègue Robert Kaluza sont accusés d'homicides involontaires pour ne pas s'être souciés du niveau de pression anormalement élevé avant l'explosion qui a coûté la vie à 11 travailleurs.

Lors du procès, Mark Bly, qui était responsable des opérations et de la sécurité de BP lors de l'accident et responsable de l'enquête interne de l'entreprise, a répondu que le rapport était passablement complet au sujet du test de pression, et qu'il ne se souvenait pas pourquoi il n'était pas spécifiquement question de cette conversation téléphonique.

Le rapport interne de BP met surtout l'accent sur des problèmes d'équipements et des erreurs commises par des travailleurs, jetant le blâme principalement sur Transocean, propriétaire de la plateforme pétrolière Deepwater Horizon.

Le département américain de la Justice, les États côtiers affectés par la marée noire et d'autres plaignants soutiennent que la société pétrolière BP a effectué ses travaux de forage sans se soucier suffisamment des enjeux de sécurité. L'entreprise Transocean fait également partie des entreprises visées par les poursuites.

Les plaignants soutiennent que la catastrophe aurait pu être évitée si le superviseur de la plateforme, Don Vidrine, avait pris en considération les préoccupations de l'ingénieur Mark Hafle au sujet du test de pression, et que les opérations avaient été interrompues.

BP a reconnu que ses ingénieurs ont mal interprété les résultats d'un test de pression effectué sur la plateforme de forage, mais soutient que Transocean est aussi responsable de cette erreur.

Lorsque l'avocat de Transocean a demandé à l'ex-dirigeant de BP si l'enquête interne s'était interrogée à savoir si des décisions avaient été prises pour sauver temps et argent, Mark Bly a répondu qu'ils ne se sont pas intéressés spécifiquement à cette question.

Deuxième semaine d'audiences

Le procès au civil de BP et de ses partenaires amorçait lundi en Nouvelle-Orléans sa deuxième semaine d'audiences. Cette première partie du procès vise à identifier les causes de l'explosion et à établir la proportion de responsabilités des compagnies impliquées.

BP a déjà plaidé coupable à des accusations criminelles, dont 11 chefs liés à la mort de travailleurs, et a accumulé des dépenses de plus de 24 milliards de dollars américains en lien avec le déversement, y compris les coûts de nettoyage et la compensation monétaire pour les résidents et les entreprises. En outre, BP a versé 4,5 milliards de dollars américains en amende à la justice américaine.

L'une des plus importantes questions auxquelles le juge Barbier devra répondre consiste à savoir si BP a fait preuve de grossière négligence.

En vertu du Clean Water Act, BP pourrait être obligée de débourser près de 18 milliards de dollars américains, si elle est reconnue coupable de grossière négligence.

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