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Les Suisses votent contre la rémunération abusive des patrons

03/03/2013 03:11 EST | Actualisé 02/05/2013 05:12 EDT

Les deux tiers des électeurs suisses ont voté en faveur d'une initiative limitant les « rémunérations abusives » des patrons des entreprises du pays qui sont cotées en bourse. Selon l'initiative Minder, du nom de son initiateur, les salaires des patrons seront désormais fixés par les actionnaires.

La démarche a été lancée en 2008 et a rapidement trouvé un large écho auprès des Suisses après la quasi-faillite de la banque UBS la même année. La débâcle financière a été imputée notamment aux placements risqués générateurs de bonus généreux pour les banquiers, et elle a recueilli les 100 000 signatures nécessaires à l'organisation d'un vote.

Pour Thomas Minder, « le peuple suisse a décidé d'envoyer un signal fort aux conseils d'administration, au Conseil fédéral et au Parlement ».

Le texte prévoit l'ajout, dans la constitution de la Suisse, d'un article pour renforcer le pouvoir décisionnel des actionnaires de sociétés helvétiques cotées en bourse, et ainsi permettre aux actionnaires d'empêcher que les patrons puissent s'accorder des salaires jugés abusifs. L'assemblée générale des actionnaires devrait alors voter chaque année le montant des rémunérations du Conseil d'administration, du comité consultatif et de la direction d'entreprise. Cette initiative interdit par ailleurs les indemnités de départ et les parachutes dorés.

La colère des Suisses contre les paiements abusifs a été encore alimentée en février lorsque le patron de Novartis, Daniel Vasella, a bénéficié d'un parachute doré de plus de 80 millions de dollars canadiens, auquel il a finalement dû renoncer.

À la suite de la crise financière de 2008, quelques pays - dont les États-Unis et l'Allemagne - ont adopté des systèmes similaires pour renforcer le pouvoir des actionnaires.

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