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Les électeurs de Bangkok appelés aux urnes dimanche

02/03/2013 09:08 EST | Actualisé 02/05/2013 05:12 EDT
AP

BANGKOK - Les électeurs de la capitale thaïlandaise sont appelés aux urnes, dimanche, pour élire le gouverneur de la ville, une élection assombrie par les divisions politiques qui ébranlent la Thaïlande depuis quelques années.

L'élection du gouverneur de Bangkok est la première depuis que cette immense ville de 10 millions d'habitants a été paralysée par neuf semaines de manifestations antigouvernementales en 2010, faisant au moins 90 morts et plus de 1700 blessés.

Les «Chemises rouges», des partisans de l'ancien premier ministre Thaksin Shinawatra principalement originaires des régions rurales, exigeaient que le premier ministre de l'époque, Abhisit Vejjajiva, du Parti démocrate, organise de nouvelles élections.

Bangkok est l'un des quelques bastions que le Parti démocrate a réussi à conserver face au parti Pheu Thaï aux élections de 2011, en grande partie grâce aux électeurs de la classe moyenne et de l'élite, qui sont généralement favorables à l'ordre social établi.

Pheu Thaï est dirigé par la soeur de M. Thaksin, l'actuelle première ministre Yingluck Shinawatra.

Les démocrates dirigent Bangkok depuis les neuf dernières années, mais ils se retrouvent maintenant en lutte face à Pheu Thaï, dans une élection qui pourrait déterminer la pertinence des deux partis dans la politique thaïlandaise.

«L'élection du gouverneur de Bangkok a des implications politiques à tous les niveaux», a déclaré le candidat démocrate Sukhumbhand Paribatra devant les journalistes à la veille du scrutin. «Cette fois-ci, la compétition est très forte et (le scrutin) signifie plus que d'élire le gouverneur de la ville.»

M. Sukhumbhand brigue un second mandat comme gouverneur après avoir démissionné de ses fonctions au début du mois de janvier pour se concentrer sur sa campagne. Le politicien de 60 ans, qui a dû affronter les graves inondations ayant affecté Bangkok en 2011, ainsi que des accusations de corruption, représente le sentiment anti-Thaksin et anti-Chemises rouges répandu parmi les électeurs urbains de Bangkok.

Contrairement aux 76 autres provinces de la Thaïlande, Bangkok est une zone administrative spéciale et son gouverneur est élu directement pour un mandat de quatre ans. Plus de 4,3 millions d'électeurs sont inscrits pour ce scrutin.

Le candidat de Pheu Thaï est un ancien assistant du chef de la police nationale, Pongsapat Pongcharoen. Ce nouveau venu en politique a promis une relation de travail homogène et continue entre Bangkok et le gouvernement national.

Le travail de M. Pongsapat à la police nationale s'apparente étroitement aux politiques populistes qui ont permis aux alliés de M. Thaksin de remporter de précédentes élections.

«Si les dossiers se trouvent dans les limites de Bangkok, je serai celui qui pensera et qui agira. Et le gouvernement devra m'aider de toutes les façons possibles», a-t-il dit lors d'une récente entrevue télévisée.

Les sondages d'opinion montrent que M. Sukhumbhand est à la traîne de M. Pongsapat dans les intentions de vote.

L'un des enjeux de l'élection concerne la qualité de vie à Bangkok, une métropole congestionnée qui fait face à toute une panoplie de problèmes, dont une circulation extrêmement dense. Pour séduire la classe moyenne, le gouvernement de Mme Yingluck a offert des congés de taxes aux acheteurs d'une première voiture, ce qui a eu pour effet d'ajouter 245 000 nouveaux véhicules dans les rues déjà congestionnées de Bangkok.

«En ce moment, les gens veulent que Bangkok soit une ville plus vivable et veulent des politiques qui offrent un meilleur système de transport en commun, des espaces publics et des moyens de transport différents comme les vélos», affirme Prinya Thewanaruemitkul, de l'université Thammasat de Bangkok. «Mais à la fin de la journée, la politique nationale sera un facteur décisif.»