BIEN-ÊTRE

Référence mondiale et maison de disque atypique, Ed Banger fête ses 10 ans

01/03/2013 01:27 EST | Actualisé 01/05/2013 05:12 EDT

Ed Banger Records, qui fête ses 10 ans, est une des rares maisons de disques françaises à être devenue une référence mondiale, grâce à des artistes comme Justice et à l'esprit "maison" insufflé par son atypique patron, Pedro Winter.

Ce grand blond de 37 ans, a fondé Ed Banger en mars 2003. A l'époque, il est le manager de Daft Punk, qu'il a accompagné pendant 12 ans.

Démarché par un artiste électro, Mr Flash, il décide de créer son propre label pour sortir son premier maxi "Radar Rider".

Aujourd'hui, Ed Banger, qui souffle ses 10 bougies ce vendredi avec une grande soirée à Paris, compte 20 artistes dont 13 Français et des pointures internationales de la scène électro comme SebastiAn, Breakbot et bien sûr Justice.

Adulé par les magazines de musique et de mode dans le monde entier, prisé par Kanye West ou Pharell Williams, Ed Banger n'a pourtant que deux employés dans ses locaux du 18e arrondissement parisien.

"Nous avons développé un énorme réseau de relations dans le monde pour soutenir nos artistes", explique à l'AFP Pedro Winter, qui reconnaît qu'Ed Banger à un fonctionnement "atypique" dans un contexte de crise du disque.

Le label est ainsi réputé pour le rythme très aléatoire de ses sorties alors que la plupart des maisons de disques ont mis en place un roulement stratégique de trois ans entre chaque album d'un même artiste.

"C'est vrai que pour l'album live de Justice, on m'a dit +t'es fou, il faut le sortir à Noël, tu vas en vendre des tonnes!+, alors que finalement on le sort en mai, s'amuse-t-il. Chez Ed Banger, on n'est pas pressé, on a le temps de bien faire les choses".

Après, l'équilibre des comptes du label, "c'est ma petite cuisine interne", dit-il.

Taxi

"On peut atteindre des sommets avec Justice, avec 500.000 exemplaires vendus pour le premier album et 200.000 pour le deuxième. Parallèlement, pour les maxis (d'autres artistes), on débute à 500 exemplaires et on peut monter à 800/1.000", explique-t-il.

Comme les mythiques labels indépendants anglo-saxons Factory Records ou Mo'Wax, dont Pedro Winter était "tombé amoureux" adolescent, Ed Banger attache un soin particulier à l'esthétique.

Chaque sortie, baptisée "ED01", "ED02"... jusqu'à "ED069" aujourd'hui, est travaillée par le directeur artistique So Me.

Bien que très différents musicalement, les artistes Ed Banger "ont tous en commun cette envie de mélanger les genres de faire se rencontrer des univers différents, l'électro, le rock le rap", estime Pedro Winter.

"C'était aussi le credo de DJ Medhi", autre figure centrale du label, décédé en 2011", dit-il.

En dix ans, seuls deux artistes ont quitté la "famille" Ed Banger.

Quand le succès est arrivé, "on ne s'est même pas posé la question, confie Xavier de Rosnay, un des membres de Justice. On a une dynamique de travail qui est impossible à avoir avec une major. Quand on a besoin de se parler ou de se voir on peut le faire tout de suite, parler directement avec le boss".

Le succès d'Ed Banger tient aussi beaucoup à la personnalité de Pedro Winter - qui mixe sous le nom de Busy P -, un des rares patrons de label connu des ados fous de musique.

Casquette vissée sur ses cheveux mi-longs, dégaine d'ancien skateur, grand sourire et abord facile: quand il se promène dans les allées de festivals, il est autant assailli de demandes de photos que ses artistes.

"Avec Ed Banger, je suis comme un chauffeur de taxi. Les passagers sont plutôt agréables à transporter, par contre je ne sais pas du tout où ils vont me demander d'aller et c'est ça qui m'excite dans cette aventure", dit-il.


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