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Pétrolia est déterminée à exploiter le pétrole de Gaspésie et d'Anticosti

01/03/2013 03:07 EST | Actualisé 01/05/2013 05:12 EDT
Flickr: JustinPoulsen

MONTRÉAL - La société Pétrolia est déterminée à exploiter le pétrole de Gaspésie et de l'île d'Anticosti et n'a aucune intention de se laisser décourager par ce que son président, André Proulx, qualifie de «course à obstacles pénible» entourant le développement de l'industrie pétrolière.

Devant les actionnaires de l'entreprise réunis en assemblée, vendredi à Montréal, M. Proulx a déclaré que Pétrolia n'abandonnera jamais les projets Haldimand et Bourque en Gaspésie, ajoutant qu'il est prêt à faire tout ce qu'il faut pour aller de l'avant.

«Un gisement, ça ne se déplace pas. Des gens on pourrait les déplacer si jamais il y a un problème», a-t-il déclaré, ajoutant qu'il ne s'attendait pas à devoir aller jusque-là et, surtout, précisant qu'il ne parlait pas ici d'une expropriation ou d'une délocalisation mais bien d'un aménagement à très court terme.

«La durée d'un forage c'est six semaines. C'est pas six ans et six mois. C'est six semaines. Si des gens sont inconfortables durant six semaines, on va trouver une solution. On leur paiera un voyage en Floride pendant six semaines pendant qu'on fore», est-il allé jusqu'à suggérer.

Il a tenu à rappeler qu'une fois le forage terminé, tout ce qui reste en place est un puits qui, physiquement, ne représente qu'un tuyau d'un mètre avec une valve.

M. Proulx estime que le gouvernement du Québec doit intervenir le plus rapidement possible pour rappeler la Ville de Gaspé à l'ordre.

Pétrolia a interrompu ses activités dans le secteur de Gaspé en janvier dernier après que la municipalité eut adopté, en décembre, un règlement touchant l'approvisionnement en eau potable, un approvisionnement qui n'est nullement menacé, selon M. Proulx, qui affirme avoir les expertises requises pour le démontrer.

M. Proulx soutient depuis le début que ce règlement n'est qu'un prétexte pour la Ville qui cherche surtout à obtenir des redevances de l'exploitation de la ressource, d'où son appel à Québec, de qui relèvent ces questions.

«Pétrolia est une société privée qui développe du pétrole. On paye nos redevances au gouvernement, peu importe le montant. C'est au gouvernement de les redistribuer. Ce n'est pas à Pétrolia de décider que la ville de Gaspé c'est 2 pour cent, ou la MRC c'est 1 pour cent. On ne veut pas se mêler à ça. On n'a pas été élus pour gérer ça», a-t-il fait valoir.

André Proulx estime que l'exploitation de gisements de pétrole bénéficie de l'appui d'une forte majorité de citoyens de la région et d'une forte majorité de Québécois.

Par ailleurs, il reconnaît que le secret entourant la cession par Hydro-Québec à Pétrolia des droits d'exploitation pétrolière sur l'île d'Anticosti soulève de nombreuses questions, voire de la méfiance.

«C'est une aura de mystère, on aimerait bien ça pouvoir la révéler. On s'enlèverait un poids sur les épaules. C'est un poids assez désagréable sur les épaules. Mais c'est une question de protection (des actionnaires)», a-t-il indiqué, ajoutant que l'entente oblige les parties à la discrétion.

Cependant, il estime que tant Pétrolia qu'Hydro-Québec ont fait une bonne affaire avec cette entente à l'époque.

«Si jamais j'ai négocié trop fort avec Hydro-Québec, que je leur ai arraché ce qui leur appartenait, j'en suis bien content comme actionnaire de Pétrolia, comme gestionnaire. Qu'Hydro-Québec s'arrange avec ses problèmes», a d'abord déclaré M. Proulx avant de rappeler le contexte.

«Hydro-Québec devait être satisfait parce qu'à l'époque, ce qu'il m'a vendu, ça valait un gros zéro. Ils ont probablement trouvé un «twit» qui a acheté leur propriété. Parfait. On l'a achetée, on a pris ces risques et on est arrivé à quelque chose. Quel prix a-t-on payé? Est-ce que c'était trop cher ou pas cher? À l'époque, honnêtement, ça ne valait rien.»

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