Commission Charbonneau : Un rapport caché qui n'était pas caché

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SERGE POURREAUX
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Un texte de François Messier

Un ancien directeur de l'approvisionnement à la Ville de Montréal dit avoir été « surpris » par tout le « brouhaha » causé par l'histoire du « rapport caché » que le maire de Montréal Michael Applebaum a évoqué, en novembre dernier, pour justifier sa décision de démissionner de son poste de président du comité exécutif de la Ville.

Selon Serge Pourreaux, ce rapport sur les coûts des travaux à Montréal, qu'il avait commandé à quatre ingénieurs de l'externe en 2004, se trouvait tout simplement dans les dossiers de la direction de l'approvisionnement, qu'il a dirigé de 2003 à 2006. « Ce n'était pas caché », assure-t-il.

M. Pourreaux dit qu'il a été informé de cette affaire à son retour d'un voyage d'un mois en Grèce en compagnie de son épouse. Il dit que sa boîte vocale était remplie de messages parce que tout le monde cherchait le rapport.

« J'ai parlé à la direction générale de la Ville, dans l'équipe de M. [Guy] Hébert, j'ai parlé au contrôleur général, parce qu'on m'a demandé de venir expliquer le concept au mois de décembre », a raconté M. Pourreaux.

« J'ai posé à tout le monde cette question-là. J'ai dit : "avez-vous été à la direction de l'approvisionnement chercher le rapport?" »

« Le rapport est là, les comptes-rendus des comités sont là, toutes les présentations qui ont été faites au comité stratégique du comité exécutif sont là, les rapports internes, les contrats, tout était à l'approvisionnement », a-t-il poursuivi. « Mais personne n'a pensé à aller voir la direction de l'approvisionnement qui avait commandé le rapport pour obtenir une copie. »

Selon Serge Pourreaux, le rapport en question avait été remis à l'époque non seulement à la direction de l'approvisionnement, mais aussi au « comité directeur de la démarche d'optimisation de l'approvisionnement », auquel siégeaient notamment :
  • Guy Hébert, directeur du « service des services administratifs »;
  • Yves Provost, directeur général adjoint;
  • Robert Cassius de Linval, directeur des affaires corporatives;
  • Denis Savard, vérificateur interne de la Ville;
  • Pierre Desjardins, un chargé de projet qui se rapportait à Robert Abdallah.

Selon Serge Pourreaux, la démarche en cours à la direction de l'approvisionnement était suivie de près par un comité stratégique du comité exécutif auquel siégeaient plusieurs ténors d'Union Montréal, dont Frank Zampino, Georges Bossé et Sammy Forcillo.

L'analyste-enquêteur de la commission Guy Desrosiers a expliqué jeudi dernier que le rapport en question avait été rédigé par MM. Gérald Pelletier, André Perreault, Roger Trottier et Claude Vincent. L'objectif de l'exercice était de vérifier si les travaux exécutés à la Ville de Montréal coûtaient plus cher que dans d'autres villes du Québec, ce qui s'est bel et bien avéré.

M. Desrosiers a expliqué que le groupe avait recommandé d'ouvrir le marché public de Montréal, d'établir un meilleur partage de risques entre la Ville et les entreprises et d'adopter une politique de gestion proactive du processus d'appel d'offres impliquant tous les gestionnaires de projet.

L'implantation de ces recommandations, formulées alors que la Ville s'apprêtait à augmenter sensiblement ses investissements dans ses infrastructures, devait permettre de générer des économies d'au moins 175 millions de dollars sur cinq ans.

Serge Pourreaux affirme qu'il a discuté directement du rapport avec Robert Abdallah, alors directeur de la Ville. « Il l'a feuilleté cinq minutes et a dit : "ça, je sais tout ça". Je ne lui apprenais rien en déposant ça », a-t-il expliqué à la procureure Roy, qui mène son interrogatoire. Selon lui, Robert Abdallah voulait accélérer le processus déjà en marche.

M. Abdallah, a-t-il précisé, comprenait le potentiel d'économies que pouvait permettre de réaliser la démarche en cours.

Le témoin affirme cependant que les travaux publics résistaient aux changements envisagés. Le département était comme « un royaume dans un royaume », a-t-il soutenu. « C'était comme intouchable, ils étaient rois et maîtres sur leur domaine ». Pour eux, il n'était pas question de se comparer avec d'autres villes du Québec, a-t-il ajouté.

Selon Serge Pourreaux, les conclusions des auteurs du rapport, qui cumulaient 130 ans d'expérience, étaient bonnes à 95 %.

Michael Applebaum a soutenu l'automne dernier que l'existence du rapport de 2004 n'a été portée à son attention et à celle de l'ex-maire Gérald Tremblay que de nombreuses années plus tard.

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