Alors que se terminait mardi après-midi le Sommet sur l'enseignement supérieur à L’Arsenal, dans le quartier de Griffintown, quelques milliers de manifestants ont pris d’assaut les rues du centre-ville de Montréal pour faire valoir leur mécontentement relativement au déroulement de cet événement et à l’indexation de 3% par an (70$ par année) annoncée par la première ministre Pauline Marois lundi en milieu de soirée.

Quelle était la raison principale de leur présence à la manifestation? Qu’ont-ils pensé du sommet? Pensent-ils revivre un Printemps érable cette année? Le Huffington Post Québec a plongé dans la foule, s’est baladé et est allé à la rencontre de quelques participants pour ainsi mettre des visages sur cette manifestation post-sommet. Parmi eux, des jeunes, des parents, des retraités. Parmi eux, des propos parfois divergents, mais des idées bien souvent communes.

Âgés de 18 à 51 ans, découvrez sept manifestants et leurs idées; Sandrick Mathurin, Michel Dicaire-Acosta, Marie-France, Antoine Desruisseaux, Dusica Djilas, Jérémie Cholette et Stéphane Poulin.

LES SEPT VISAGES...
(Découvrez les idées des manifestants juste à côté de leur photo)

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  • Michel Dicaire-Acosta, 26 ans

    <strong>Pourquoi es-tu ici aujourd'hui?</strong> « Le printemps passé, on est sorti dans la rue contre une hausse des frais de scolarité. Le sommet, à la base, était sensé regarder toutes les perspectives dans le domaine de l’éducation... Finalement, le sommet était déjà modelé d’avance. Donc, il va y avoir une hausse et on est contre la hausse. On préconisait au moins un gel dans une perspective de gratuité scolaire. Je suis donc ici pour dénoncer la hausse qui s’en vient éventuellement. » <strong>Serais-tu prêt à te lancer dans un second Printemps érable?</strong> « Je suis prêt à toute éventualité. S’il faut retourner dans la rue pour se faire entendre, allons-y! C’est à nous de décider. Ce sont nos institutions, notre Québec, nos jeunes, notre avenir, donc c’est à nous de prendre la rue. Il faut montrer au gouvernement que ce n’est pas lui qui décide, c’est nous! C’est le peuple qui décide. » (Crédit photo: Myriam Lefebvre)

  • Michel Dicaire-Acosta entouré de ses amis

    (Crédit photo: Myriam Lefebvre)

  • Sandrick Mathurin, 21 ans

    <strong>Pourquoi es-tu ici aujourd'hui?</strong> « Je manifeste pour continuer ce qu’on avait commencé durant le Printemps érable. Si je ne manifestais pas aujourd’hui, ce serait comme de dire que les manifestations d’avant avaient été inutiles. Il y a encore une hausse et je pense que c’est pour ça qu’il faut se battre. Oui, une indexation des frais de scolarité, c’est moins important comme hausse que ce que le PLQ a proposé l’an dernier. Cela dit, c’est encore une hausse, dans une logique où l’éducation est marchandisée comme un produit de consommation... Peut-être que la gratuité n’est pas réalisable à court terme, mais à long terme, oui. Je pense que l’indexation va donc à l’encontre de ce processus-là. » (Crédit photo: Myriam Lefebvre)

  • Stéphane Poulin, 51 ans

    <strong>Pourquoi êtes-vous ici aujourd'hui?</strong> « Pour soutenir les étudiants contre l’augmentation des frais scolaires. » <strong>Qu'avez-vous pensé du Sommet sur l'enseignement supérieur?</strong> « C’est une blague! C’est insultant pour tout le monde! De dépenser autant d’argent, d’arriver à un soi-disant sommet et que les décisions soient déjà prises finalement…Je trouve ça vraiment insultant. » <strong>Le mouvement étudiant ne fait pas l'unanimité. L'an dernier, nombreux étaient les Québécois qui critiquaient les jeunes. Vous, que pensez-vous des jeunes?</strong> « Fondamentalement, les jeunes, leur position dans la société, parce qu’ils n’ont généralement pas de travail actuellement, c’est d’être étudiant… Et idéalement, quand ils sont étudiants, c’est un moment dans la vie pour contester et faire valoir des opinions et faire valoir des points nouveaux et des choses qu’on oublie en vieillissant. Les gens qui travaillent et qui sont dans leur petit train-train… Il n’y a pas personne à blâmer, mais la seule chose qu’on devrait faire, ce serait de donner cette place qui revient aux étudiants. Voilà pourquoi c'est fondamental de manifester, c’est fondamental de les appuyer et c’est fondamental que les étudiants prennent cette position et qu’ils sentent que c’est leur rôle dans la société… » (Crédit photo: Myriam Lefebvre)

  • Antoine Desruisseaux

    <strong>Pourquoi es-tu ici aujourd'hui?</strong> « C’est parce qu’on a eu un gros Printemps érable l’année dernière, puis je pense qu’on a manifesté pour plus qu’un sommet qui a duré une journée et demie. En tant qu’étudiant, je trouve ça déçevant que ces décisions-là se prennent dans un si cours laps de temps. » <strong>Qu'as-tu pensé du Sommet sur l'enseignement supérieur? </strong> « Je pense qu’étant donné que la gratuité scolaire n’est pas abordée, il me semble qu’on évite la question, on n’aborde pas exactement ce que les étudiants revendiquent. » <strong>Serais-tu prêt à te lancer dans un second Printemps érable?</strong> « Je pense que je serais partant, mais la seule chose, j’ai et je pense qu’on a des questions à se poser sur l’écoute du gouvernement, non seulement libéral comme l’année dernière, mais aussi québécois… Je pense que l’éducation gratuite c’est quelque chose qu’il faut atteindre, puis il faut prendre tous les moyens nécessaires pour activer cela. » (Crédit photo: Myriam Lefebvre)

  • Dusica Djilas, 19 ans

    <strong>Pourquoi es-tu ici aujourd'hui?</strong> « Je pense que l’éducation, c’est une bonne raison pour se battre. C’est une bonne cause sociale. » <strong>Qu'as-tu pensé du Sommet sur l'enseignement supérieur? </strong> « Ce n’était vraiment pas comme c’était supposé être. Et c’était surtout trop court pour ce que cela devait représenter. » <strong>Serais-tu prête à te lancer dans un second Printemps érable?</strong> « Oui, je mettrais ma session en jeu à 100%. » (Crédit photo: Myriam Lefebvre)

  • Marie-France

    <strong>Pourquoi êtes-vous ici aujourd'hui?</strong> « Pour soutenir la cause des étudiants, je pense que c’est important que tout le monde s’en mêle, même les adultes. C’est la cause de tout le monde et des futures générations aussi. » <strong>Qu'avez-vous pensé du Sommet sur l'enseignement supérieur?</strong> « Cela aura été très court et très superficiel…et les enjeux décidés d’avance. » <strong>Seriez-vous prête à vous lancer dans un second Printemps érable?</strong> « Je vais supporter les étudiants jusqu’au bout. » (Crédit photo: Myriam Lefebvre)

  • Jérémie Cholette, 18 ans

    <strong>Pourquoi es-tu ici aujourd'hui?</strong> « Je suis ici pour contester le sommet. Je trouve que c’est vraiment ridicule qu’on parle de l’indexation pendant une journée et demie, alors que le Rapport Parent avait duré cinq ans dans le temps. Je trouve cela ridicule qu’on nous impose l’indexation, qu’on nous dise que les dés ne sont pas pipés quand eux-mêmes ont annoncé avant le sommet, avant même qu’il soit fini, qu’ils allaient imposer l’indexation. Il n'y a eu aucune discussion. Ils appelaient au consensus, mais dans le fond, eux-mêmes disent que c’est impossible de faire le consensus. C’est eux-mêmes qui le scandent sans nous avoir demandé… » <strong>Serais-tu prêt à te lancer dans un second Printemps érable?</strong> « J’aimerais pouvoir continuer ma session, poursuivre mon éducation, mais je trouve qu’on nous rit vraiment en pleine face. Ce que j’aime encore moins, c’est que le gouvernement fait juste nous dire que ça ne se passera pas comme l’an dernier et qu’il est impossible qu’il y ait une grève cette année. Juste pour ça, cela me tente de retourner encore en grève pour leur montrer qu’on est encore capable de se mobiliser et de faire valoir notre point. » <strong>Selon toi, est-ce risqué pour l'image des jeunes que de retourner dans la rue?</strong> « Je ne pense pas que ça puisse salir notre image. Je pense que c’est vraiment les médias qui tentent de salir notre image en nous appelant les casseurs ou les vandales… Je pense que s’il y avait peut-être eu un traitement différent de la part des médias, ça aurait été été différent l'an dernier. » (Crédit photo: Myriam Lefebvre)

  • Jérémie Cholette entouré de ses amies

    (Crédit photo: Myriam Lefebvre)

Michel Dicaire-Acosta, 26 ans: « S’il faut retourner dans la rue pour se faire entendre, allons-y! C’est à nous de décider. Ce sont nos institutions, notre Québec, nos jeunes, notre avenir, donc c’est à nous de prendre la rue. Il faut montrer au gouvernement que ce n’est pas lui qui décide, c’est nous! »

Sandrick Mathurin, 21 ans: « Oui, une indexation des frais de scolarité, c’est moins important comme hausse que ce que le PLQ a proposé l’an dernier. Cela dit, c’est encore une hausse, dans une logique où l’éducation est marchandisée comme un produit de consommation... »

Stéphane Poulin, 51 ans: « Il n’y a pas personne à blâmer, mais la seule chose qu’on devrait faire, ce serait de donner cette place qui revient aux étudiants. Voilà pourquoi c'est fondamental de manifester, c’est fondamental de les appuyer et c’est fondamental que les étudiants prennent cette position et qu’ils sentent que c’est leur rôle dans la société… »

Antoine Desruisseaux: « J'ai et je pense qu’on a des questions à se poser sur l’écoute du gouvernement, non seulement libéral comme l’année dernière, mais aussi québécois… »

Dusica Djilas, 19 ans: « Oui, je mettrais ma session en jeu à 100%. »

Marie-France: « C’est important que tout le monde s’en mêle, même les adultes. C’est la cause de tout le monde et des futures générations aussi. »

Jérémie Cholette, 18 ans: « Je trouve que c’est vraiment ridicule qu’on parle de l’indexation pendant une journée et demie, alors que le Rapport Parent avait duré cinq ans dans le temps. »


LA MANIFESTATION POST-SOMMET EN IMAGES:

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