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Indexation des droits de scolarité à 3 %: les étudiants déçus

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MARTINE DESJARDINS
Agence QMI
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La première ministre du Québec, Pauline Marois, a conclu mardi le Sommet sur l'enseignement supérieur en annonçant que son gouvernement imposera une indexation annuelle de 3% des droits de scolarité en dépit de l'opposition exprimée tout au long du Sommet par les associations étudiantes.

Dans son discours de clôture, Pauline Marois a reconnu que le fossé qui existe entre le point de vue de son gouvernement et celui des associations étudiantes sur le financement des études au Québec n'a pas permis d'arriver à un consensus au cours du Sommet.

« Le gouvernement a la responsabilité de trancher. C'est ce que nous avons décidé de faire », a déclaré Pauline Marois en rappelant au passage les progrès accomplis depuis lundi à la rencontre qui a réuni 350 acteurs du monde de l'éducation au Québec.

Cette décision du gouvernement du Québec était pressentie depuis un bon moment, Québec ayant prévenu plusieurs semaine avant le Sommet qu'il n'envisageait pas de gel des frais de scolarité ni la gratuité scolaire, comme le réclament les grandes associations étudiantes, comme des solutions vivables aux problème de financement des études supérieures.

Pierre Duchesne confirme

Le Sommet étant à peine terminé,  le ministre Pierre Duchesne a confirmé que son gouvernement était décidé à imposer l'indexation des droits de scolarité.

Dès mardi matin, avant l'ouverture du Sommet, le ministre de l'Enseignement supérieur a déclaré ne pas croire à la conclusion d'un consensus sur l'augmentation des droits de scolarité au cours de ce sommet. « Il n'y aura pas de consensus sur les droits de scolarité. Il faut être réaliste », avait déclaré Pierre Duchesne sur les ondes de RDI.

Le ministre a expliqué « qu'il faut qu'il y ait une forme de participation des étudiants au financement de leurs études. Il faut qu'elle soit stabilisée [la participation]. On ne peut pas se payer des crises à tous les 5 ou 10 ans. Des grèves après des gels, on dégèle, on surgèle... Ça ne marche pas ».

Lundi soir, les travaux du Sommet sur l'enseignement supérieur se sont terminés sur l'intention claire du gouvernement Marois d'indexer les droits de scolarité à 3 %, ce qui équivaut à une augmentation d'environ 70 $ par année. La proposition a été accueillie froidement par les associations étudiantes qui réclament depuis des mois le gel des droits de scolarité.

Les étudiants déçus

La Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ) et de la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ) ont exprimé leur déception à la fin du sommet. Elles comptent consulter leurs membres pour décider de la suite des choses.

Pour sa part, l'Association pour une solidarité syndicale étudiante (ASSE), qui revendique la gratuité scolaire, boycotte l'événement. Elle organise d'ailleurs une manifestation nationale mardi après-midi ayant pour thème : « Au sommet de l'indexation, manifestons pour une éducation libre, accessible et gratuite! ». 

Un compromis « raisonnable et réalisable », selon Québec

L'indexation de 3 %, qui entrerait en vigueur dès l'automne prochain, se veut la solution mitoyenne parmi les trois scénarios d'indexation qui étaient à l'étude au Sommet. « C'est une forme de compromis », a indiqué le ministre de l'Enseignement supérieur, Pierre Duchesne.

Cette hausse sera compensée par une aide financière accrue et une hausse du crédit d'impôt pour les droits de scolarité.

Le gouvernement prévoit que cette mesure lui rapportera 187 millions de dollars de 2013 à 2018. Le précédent gouvernement libéral prévoyait quant à lui augmenter les droits de 1778 $ sur sept ans, soit 254 $ par année. Cette hausse a été annulée par le Parti québécois dès son arrivée au pouvoir.

Le gouvernement annonce de nouvelles mesures de soutien de 714 millions de dollars au total d'ici à 2019, mais ne reconduira pas la bonification financière annoncée par les libéraux en 2012 à la prochaine rentrée.

Le seuil minimum de contribution parentale serait quant à lui porté de 28 000 $ à 45 000 $ d'ici 2015-2016. Ce qui permettra d'augmenter le nombre d'étudiants qui pourront avoir accès au programme de prêts et bourses.

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