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Montréal en Lumière: Gaële télescope avec grâce

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GAELE
Gaële. (Créfit photo: Jean-François Cyr) | Jean-Francois Cyr

La jeune chanteuse, musicienne et compositrice Gaële, qui a prêté sa plume à de nombreux talents de chez nous (Marie-Pierre Arthur, Monica Freire, David Usher, Damien Robitaille, Alexandre Désilets) fera paraitre dans quelques jours son troisième album intitulé Télescope, œuvre qu’on apprivoise d’une chanson à l’autre avec étonnement. Occasion rêvée pour l’artiste qui profitera d’un concert-lancement au Club Soda afin de partager son récent travail, empreint de romance, d’ambiances cinématographiques, et de doux clairs-obscurs qui donnent envie de croire que le temps fait bien les choses. Rencontre.

Télescope est un album ambitieux, qui allie la musique classique (Pardonne-moi), la chanson française (Attends pas), le rock (Je t’aime toi), la pop (Laisse-toi aller) et le trip-hop (Once Upon A Time, Bien dans son coin, La dernière danse). Résultat ? Nous disions étonnant. Parce que tout cet amalgame de fins arrangements et d’expressionnisme émerveillé (interprétation un tantinet exubérante par moments, mais pas au point de faire décrocher) nous plonge dans un monde d’une bien belle originalité.

« Les gens ont bien le droit de rêver un peu soulignera la charmante Gaële, les yeux verts grands ouverts. Je voulais que les gens s’assoie, écoute et rêve. J’adore être émerveillée, surprise par le beau. Parfois, c’est difficile, de s’abandonner, d’oublier le rythme fou de la vie. Mais il le faut. Je tiens beaucoup à conserver mon optimisme, ma naïveté, ma passion des rencontres et des découvertes. Aller vers la différence, ça m’anime et me donne de la matière », raconte la Française d’adoption québécoise qui est arrivée au Canada il y a plus d’une douzaine d’années.

« Je me sens très à l’aise avec mon côté romantique, rêveuse, lyrique. La musique et les paroles sont teintées de cet état d’esprit. Je sais, c’est un peu émotion tout ça! Le retour à mes racines de musique classique ajoute en plus un effet dramatique aux chansons. C’est d’ailleurs pour cette raison aussi que je devais ajouter des couilles à ce projet. »

Douce masculinité

Pour atténuer le côté fleur bleue de Télescope, Gaële a fait appel au batteur Pierre Fortin (Mara Tremblay, Galaxie, Les Dales Hawerchuk) pour la coréalisation. Elle a de même travaillé avec plusieurs musiciens/invités d’exception, dont Alex McMahon (claviers), Jean-François Lemieux (basse), Olivier Langevin (guitare), Antoine Gratton, Yann Perreau, Jipé Dalpé et David Goudreault (oui, celui qui fait du slam). Une brigade de talents qui ferait envier n’importe quelle chanteuse.

Certains artistes ont tantôt offert des textes, tantôt participé à la composition d’un morceau. Antoine Gratton, par exemple, a dirigé les musiciens responsables des cordes lors de l’enregistrement de l’album.

« Je suis très contente d’avoir pu collaborer avec autant de personnes talentueuses. Antoine a écrit Pardonne-moi tandis que Jipé et Yann m’ont fait Attends pas. La présence de ces musiciens a vraiment ajouté de la testostérone, du viscéral, du tribal. L’attitude rock garage de Pierre (il excelle dans le monde de la batterie au Québec) apporte aussi une touche parfaite à mes chansons. Il fallait que ça graffigne. Et je sentais que des gars comme lui pouvaient m’amener plus loin. »

« Pour moi, c’est aux antipodes de ce que je fais normalement, renchérit-elle. Et c’est exactement ce dont j’avais besoin pour créer un équilibre. Je pense que ces deux univers cohabitent très bien ensemble. Disons que je me suis gâté », lance la chanteuse avec le sourire.

On aurait aimé que l’auteure-compositrice-interprète explore davantage le côté mordant de sa féminité, autant dans les mots que dans la structure musicale en générale. On ne peut être que submergé par le désir…

Pour le reste, vaporeux, somptueux et langoureux est ce joli album Télescope, qui sera présenté jeudi soir, sur la scène du Club Soda.