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L'ONU estime qu'Haïti n'est pas prête à ouvrir ses portes aux investissements étrangers

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MICHEL MARTELLY
AP

PORT-AU-PRINCE, Haïti - Un émissaire des Nations unies à Haïti a déclaré vendredi que la nation des Caraïbes n'était «pas encore» prête à recevoir des investissements étrangers.

Cette déclaration du représentant spécial de l'ONU Nigel Fisher contredit une affirmation souvent répétée par le gouvernement du président haïtien Michel Martelly. Le slogan «Haïti est ouverte pour les affaires» a servi de cri de ralliement gouvernemental, alors que l'État cherche à attirer des investisseurs étrangers pour aider à rebâtir le pays à la suite du tremblement de terre dévastateur de 2010.

«Nous pouvons blâmer les partenaires externes pour leur lenteur à verser l'aide financière promise, a déclaré M. Fisher lors de sa première conférence de presse depuis son entrée en poste plus tôt ce mois-ci. Mais le problème est bien plus vaste. Lorsque les amis d'Haïti et des investisseurs potentiels se demandent si "Haïti est ouverte aux affaires", certains répondent que oui. Mais la majorité, après une période de réflexion, disent plutôt "pas tout à fait".»

M. Fisher a cité le processus d'appel d'offres pour les contrats, le manque de transparence pour assurer une saine compétition et des inquiétudes à propos d'un système de justice indépendant comme les raisons pour lesquelles les étrangers hésitent à faire des affaires en Haïti.

L'envoyé onusien soutient également que le président Martelly a identifié des domaines nécessitant des réformes, mais que ces efforts étaient toujours en cours.

L'économie haïtienne ne s'est pas autant améliorée que ce que plusieurs espéraient. Le produit national brut a augmenté d'environ 2,5 pour cent l'an dernier, comparativement à une prévision de 8 pour cent, a dit M. Fisher.

Ce dernier a également rappelé des craintes, au sein de la communauté internationale, par rapport au fait que les autorités haïtiennes doivent encore organiser des élections législatives et locales qui devaient avoir lieu en novembre 2011. Le délai provient d'une incapacité, de la part des responsables gouvernementaux, de s'entendre sur la composition du conseil électoral.

Les Nations unies, les États-Unis et l'Union européenne ont augmenté la pression sur Haïti, au cours des dernières semaines, pour que ces élections aient lieu avant la fin de l'année.

Les scrutins viseraient à combler 10 sièges au Sénat, qui compte 30 membres, ainsi que des centaines de sièges à l'échelle locale, et seraient certainement riches en tensions politiques. Le Sénat fonctionne au tiers de sa capacité et le gouvernement a nommé un nombre inconnu de maires pour combler les sièges vides à l'échelle municipale.

Lors d'une conférence de presse, vendredi, sur le site du Palais national, le président Martelly a déclaré qu'il avait rencontré des législateurs pour déterminer de quelle façon le pays pouvait organiser des élections. L'Union européenne financerait ces dernières à la hauteur de 5 millions d'euros, a-t-il dit.

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