MONTRÉAL - Héritier d’un bagage latin et québécois, le tout dernier album de Boogat respire plus que jamais son parcours. Cela dit, le souffle est nouveau. Changement de cap que cet étonnant et réussi El Dorado Sunset ? Il semblerait que non. En entrevue, le musicien trentenaire d’adoption montréalaise parle plutôt d’une « grosse évolution ».

Pour Boogat, Daniel Russo Garrido de son vrai nom, cette potion des genres musicaux est tout à fait normale. Il aime les mélanges. De là en partie l’idée du grand bal des identités ou El grand baile de las Identidades, sous-titre qui paraît sur la pochette de l’album. « Je crois beaucoup à la mixité et à l’inclusion. Ma musique s’adresse autant aux gens d’ici qu’à ceux de l’Amérique du Sud. Je ne me préoccupe pas des frontières. Selon moi, c’est l’émotion avant tout. Peu importe la langue. »

Boogat est né à Vanier et a grandi à Beauport, tout près de Québec. Après y avoir fait ses études et des tentatives plus ou moins fructueuses dans l’univers hip hop (il a notamment eu un groupe dont les membres n’avaient visiblement pas ses ambitions), il s’est installé à Montréal, une ville qui lui ressemble et l’inspire. Il a alors 21 ans. Par la suite, Boogat entame sa carrière solo, mais les débuts sont timides. C’est en 2004, avec la sortie de son premier disque Tristes & belles histoires, en français et espagnol, que l’artiste s’affiche.

S’ensuivront deux autres albums, plusieurs projets personnels et nombreuses collaborations dont la pièce Kalima Shop Titi (faite avec Ghislain Poirier), parue en 2010. Ensuite arriveront en 2012 les remixes et les nombreuses chansons mises sur internet, qui auraient participé à la mouvance Boogat.

Les rencontres

Pour El Dorado Sunset, le chanteur cite plusieurs noms qui ont collaboré au disque: le duo de Munich Schlachtofbronx, Alexandre Arthur Bilodeau de Radio Radio (et les deux autres gars pour la pièce Wow), dit Nom de plume, l’Américain Kool Kyle, Serge Nakauchi-Pelletier de Pawa Up First, le guitariste originaire de Colombie Roberto Lopez, le trompettiste Rayer Olivera ou encore le producteur et DJ Ghislain Poirier, aussi coréalisateur sur son album.

« C’est très différent des trois autres albums, oui. Mais ce disque reste un mélange de mon apprentissage hip hop et de mon héritage latin (sa mère est du Mexique et son père du Paraguay). Tu as entendu mes derniers trucs ? Mes mixtapes sur Bandcamp, par exemple. J’y étais déjà dans ce nouvel esprit latin. Je dirais que ça fait presque 10 ans que j’ai envie de partager mes racines en les incorporant dans le rap québécois. J’ai peut-être juste trouvé davantage ce que je voulais faire… et trouvé ma place. »

« Ma conception personnelle de la musique francophone a longtemps été basée sur l’importance des textes. Je ne sais pas vraiment pourquoi, mais je pense que mes paroles étaient trop intello, trop polies (dans les deux sens du terme) pour le genre musical. J’ai mieux réussi cette fois, parce que j’ai rencontré des personnes qui m’ont permis de mieux exprimer mes origines, dont Poirier. Et cette fois, c’est tout en espagnol. »

De quoi on parle au juste comme musique ? Ambiances festives, essences urbaines, hip de Montréal, hop du Sud, salsa dura (celle de New York), cumbia, tropical bass, bachata (rythmes dansants originaires de la République Dominicaine), manouche, french cancan (le piano), et de légers emprunts au merengue. C’est bourré d’énergie (Eres hecha para mi), de sourires latins (Super gringo) et de milliers de bruits électroniques ou organiques qui font sautiller (Suave). « On s’est amusé. La stylistique est éclatée. Pour les connaisseurs de musique, c’est soit très intéressant on très cacophonique (rires en coin) ! C’est mon monde à moi… »

Boogat sera notamment du festival Montréal en lumière, le 23 février. Son album est en magasin depuis le 12 février.

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  • Lancement de Boogat à la Sala Rossa

    (Crédit photo: Jean-François Cyr)

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